« Sais-tu ce que je viens d’apprendre sur ton ami? »

Il y a quelques semaines, je faisais référence au test des trois passoires dans une homélie dominicale. Plusieurs paroissiens ont demandé de pouvoir relire ce texte qui nous amène à réfléchir avant de parler… à développer notre conscience dans le dialogue. Ce que je vais dire passerait-il le test des trois passoires ? Est-ce que cela mérite d’être dit ?

Socrate

Socrate avait, dans la Grèce antique, une haute réputation de sagesse. Quelqu’un vint un jour trouver le grand philosophe et lui dit :

‘’Sais-tu ce que je viens d’apprendre sur ton ami ?

-Un instant, répondit Socrate. Avant que tu me racontes, j’aimerais te faire passer un test, celui des trois passoires.

-Les trois passoires ?

-Mais oui, reprit Socrate. Avant de raconter toutes sortes de choses sur les autres, il est bon de prendre le temps de filtrer ce que l’on aimerait dire. C’est ce que j’appelle le test des trois passoires. La première passoire est celle de la vérité. As-tu vérifié si ce que tu veux me dire est vrai ?

-Non. J’en ai seulement entendu parler…

-Très bien. Tu ne sais donc pas si c’est la vérité.

-Essayons de filtrer autrement en utilisant une deuxième passoire, celle de la bonté. Ce que tu veux m’apprendre sur mon ami, est-ce quelque chose de bien ?

-Ah non ! Au contraire.

-Donc, continua Socrate, tu veux me raconter de mauvaises choses sur lui et tu n’es même pas certain si elles sont vraies. Tu peux peut-être encore passer le test, car il reste une passoire, celle de l’utilité. Est-il utile que tu m’apprennes ce que mon ami aurait fait ?

-Non. Pas vraiment.

-Alors, conclut Socrate, si ce que tu as à me raconter n’est ni vrai, ni bien, ni utile, pourquoi vouloir me le dire ?’’

Saint-Francois d’Assise

Pour sa part, Saint-François a dit un jour : « Dire des médisances, des calomnies, c’est comme ouvrir une taie d’oreiller remplie de plumes…si l’oreiller s’ouvre, lorsqu’elles s’envolent, où iront ces plumes ? Comment les arrêter ? »


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