Livre : Le Christ, idéal du prêtre (Dom Marmion)
J’ai trouvé il y a quelques mois sur le tablettes poussiéreuses d’une bibliothèque abandonnée de belles éditions (1958) des trois ouvrages du Bienheureux Columbia Marmion : Le Christ, vie de l’âme ; le Christ, idéal du moine et le Christ, idéal du prêtre. Le dernier livre de cette trilogie fut publié après le décès du célèbre Abbé de Maredsous, monté vers le Père le 30 janvier 1923. Je dois admettre cependant qu’au moment d’entreprendre la lecture du livre, je ne savais rien au sujet de dom Marmion sinon qu’il était moine et qu’il avait été béatifié par Jean-Paul II en même temps que le pape Jean XXIII (septembre 2000). Après avoir lu un peu son œuvre et vu certaines de ses photos, on comprend pourquoi il a été associé à Jean XXIII : tous les deux, d’apparence corpulente, étaient reconnus pour être à la fois joviaux et profondément spirituel. Dom Marmion a d’ailleurs dit : « La joie est l’écho de la vie de Dieu en nous ».
Columbia Marmion n’a rien écrit en vue d’une publication. Ses trois premiers livres consacrés au Christ ont été édités par un de ses moines, à l’aide de notes prises à l’écoute par des disciples. Cependant, dom Marmion a encouragé ce moine et a dirigé patiemment le travail, en corrigeant ici et là certains passages et en ajoutant quelques citations des Écritures ou des Pères de l’Église. Pour le Christ, idéal du prêtre, les notes de conférences et les écrits amassés après le décès de dom Marmion qui forment l’ensemble de l’œuvre n’ont pas pu (bien entendu) être soumis à son contrôle personnel. C’est un disciple de dom Marmion, dom Ryelandt, qui a pris en charge l’édition du livre. Le Christ, idéal du prêtre s’avère être une juste synthèse de la doctrine sacerdotale de l’Abbé de Maredsous.
L’édition française de 1958 fait presque 400 pages. Un aperçu de la table des matières permet de voir les différents sujets qui y sont abordés : le sacerdoce du Christ; le Christ modèle et source de sainteté sacerdotale; le prêtre ‘alter christus’; la foi – atmosphère de la vie du prêtre; mourir au péché; le sacrement de pénitence et l’esprit de componction; l’humilité et le progrès spirituel; la vertu de religion; le grand commandement de la charité; l’attitude de Jésus à l’égard des hommes; la messe comme sacrifice; importance des dispositions de l’âme; le festin eucharistique; l’office divin; le prêtre – homme de prière; la foi du prêtre au Saint-Esprit; sanctification par les actions ordinaires; la Vierge Mare et le prêtre; transfiguration du prêtre.
Bien qu’écrit avant Vatican II, plusieurs éléments de la pensée de dom Marmion sur le rôle du prêtre rejoignent l’enseignement du document conciliaire Presbyterorum Ordinis sur le ministère et la vie des prêtres. Prenons par exemple cet extrait du chapitre sur la sanctification du prêtres par les actions ordinaires :
Jésus, en sa personne, a sanctifié toutes les actions dont se compose la trame de nos pauvres existences terrestres. Comme nous, il a prié, travaillé; comme nous il a voncersé avec ses contemporains; il s’est assis à la table avec eux. Dans ses courses apostoliques, « après une longue marche, il ressentait la fatigue » (Jn 4,6). [….] Les sentiments de son cœur étaient semblables aux nôtres : il aimait vraiment les siens ; la tristesse et l’angoisse ont rempli son âme; il a souffert de l’ingratitude, et, surtout à l’heure de sa passion, les douleurs l’ont accablé. Ces actions humaines, Jésus les a accomplies avec une ineffable dilection pour le Père et pour nous ; aussi, par chacune d’elles a-t-il mérité de pouvoir produire en nous des grâces d’imitation et d’amour.Par la pratique de notre vie sacerdotale, ne sommes-nous pas appelés à continuer, de quelque manière, ses vertus?… Dans nos travaux, dans nos peines et nos difficultés, nous ne sommes jamais seuls. Jésus nous assiste du dehors, comme modèle de toute sainteté, mais plus encore, il nous fortifie du dedans, comme source de vie… Dans tous les actes de notre ministère, « nous agissons par la puissance de Dieu même » (1 Pierre 4,11)… Plaçons Jésus au milieu de notre cœur… Ce n’est pas isolément que nous sommes appelés à nous sanctifier, mais dans l’unit du corps mystique du Christ… Il nous incombe à nous les prêtres de le vivifier par la grâce des sacrements et le ministère de la parole. Notre sanctification personnelle, accomplie au sein de l’Église, est destinée au bien de l’Église elle-même.
Comparez ce passage avec le numéro 13 de Presbyterorum ordinis :
C’est l’exercice loyal, inlassable, de leurs fonctions dans l’Esprit du Christ qui est, pour les prêtres, le moyen authentique de sanctification. Ministres de la Parole de Dieu, ils la lisent et l’écoutent tous les jours pour l’enseigner aux autres; s’ils ont en même temps le souci de l’accueillir en eux-mêmes, ils deviendront des disciples du Seigneur de plus en plus parfaits.
Le Christ, idéal du prêtre, dans son vocabulaire, sa structure et son approche théologique, se situe pour ainsi dire à mi-chemin entre ce grand classique de spiritualité catholique qu’est l’Imitation du Christ et les documents de Vatican II et ceux de Jean-Paul II sur le ministère presbytéral. Il est merveilleux de constater qu’au fil de ces écrits, il y a continuité et approfondissement sur le rôle du prêtre au sein de l’Église mais non rupture. Pourrait-il en être autrement?
La lecture du livre de Dom Marmion m’a beaucoup interpellé. On y retrouve un franc appel, une exhortation à vivre la sainteté sacerdotale dans une radicalité empreinte de la douceur même du Christ. Même si le style fait parfois un peu « vieux », les paroles de l’Abbé de Maredsous (sous la plume habile de dom Ryelandt) ont touché le cœur de ce jeune prêtre. Ma note : A+
Jésus considère ses prêtres comme ses amis intimes. C’est à ses apôtres, après leur élévation au sacerdoce, qu’il adressa ses parols : ‘Je ne vous nomme plus serviteurs, parce que le serviteur ne sait pas ce que fait son maître, mais je vous ai appelés amis, parce que tout ce que j’ai entend du mon Père, je vous l’ai fait connaître’ (Jn 15,15). Après votre ordination, ces mêmes paroles vous furent dites au nom de Jésus… Y pensons-nous assez? Nous sommes les intimes de Jésus Christ, les ministres de son sacrifice. Cette proximité du Sauveur devrait nous stimuler sans cesse… Serait-il possible que des laïcs, même parfois d’humbles femmes du peuple, aimassent le Christ plus que ne l’aiment ses prêtres? Tâchons donc de dire, en toute vérité, à Jésus : ‘O Christ, vous vous êtes donné à moi, vous m’avez livré votre corps et votre sang, vous m’avez confié le soin des âmes qui sont à vous; moi aussi je veux me livrer à vous; usez de moi comme bon vous ensemble. – Bienheureux Dom Columbia Marmion
BIOGRAPHIE DE DOM MARMION sur le site de l’Abbaye de Maredsous

Bonjour Abbé Benoit,
J’avais un blogue, “Quodlibeta”, et je crois que nous avons parlé par l’email dans le passé. Pourriez-vous m’envoyer un email? J’ai des questions au sujet de visiter Montréal avec un groupe de séminaristes en octobre. SVP email en anglais!
Les hasards de recherches sur la toile m’incitent à indiquer aux lecteurs mis en appétit par votre recension qu’ils trouveront en ligne des textes de Dom Marmion et de quelques autres bons auteurs sur la spiritualité sacerdotale, ici :
http://www.fsspx.org/fran/spiritualite/cadrspi/cadSpiritualite.htm
Que tous les prêtres trouvent ici l’assurance de ma prière.
V Daboust
je me nomme ano nancy ,je vis en côte d’ ivoire je viens en toute sincerité impleuré votre aide en vu de vouloir bien m’ aider à continuer mes etudes .je suis élève dans une école de la cote d’ ivoire appelé EGC ( école de gestion et de commerce )mes parents sont tous les deux ddecedé et je suis seul avec ma petite chez une ami qui bien bien voullu me receillir chez elle .
J’ ai besoin de votre aide moral ,sprituel et financier afin de continuer mes cours et devenir quelqu’ un jour .je vous remercie d’ avance pour l’ attention de bien vouloir lire mon message.
je serais tres ravi que vous m’ ecrivais pour me donner aussi des conseille.
mon mail est ; louise1er@yahoo.fr
nancy
Merci, Benoit, de dépoussiérer des oeuvres de qualité. Tu m’as donné le goût de le connaître. Tout sur le sacerdoce n’a pas été dit ces derniers vingt ans. En plus, il est si beau de nous faire rappeler, nous aussi les prêtres, que nous sommes appelés à la sainteté.