La science du bonheur

Le Time Magazine de cette semaine (January 17, 2005 Vol. 165 No. 3) offre les résultats d’un sondage sur “ce qui rend les gens heureux”. Pas de grandes surprises : 77% des personnes interrogées affirment que la relation qu’ils ont avec leurs enfants est l’un des facteurs qui contribue le plus à leur bonheur. 76% des gens disent que l’amitié (le réseau social) joue également un rôle primordial. “La spiritualité et/ou la pratique religieuse” est un facteur pour 62% des sondés.

Lorsqu’on pose la question autrement («Qu’est-ce qui vous apporte le plus grand bonheur dans la vie?»), 35% des gens répondent que c’est leurs enfants ou leurs petits-enfants (l’époux– ou le conjoint– vient plus bas dans la liste avec seulement 9% ; la religion occupe la seconde place avec 17%).

Cependant, une étude récente [Daniel Kahneman, Princeton University] menée auprès de 900 femmes (du Texas) démontre une autre réalité. Selon cette étude, cinq activités procurent le plus de bien-être (donc plus de bonheur?) : avoir des relations sexuelles, socialiser, relaxer, prier/méditer et manger. “Faire de l’exercice” et “regarder la télé” suivent de près. “M’occuper de mes enfants” vient à la toute fin, après “faire la cuisine” et juste avant… “faire le ménage”.

Comment expliquer une telle différence?

Il est certain qu’il existe une différence entre “ce qui procure du plaisir” et “ce qui rend heureux”. L’un fait appel aux sens alors que l’autre fait appel au coeur profond, à la paix de l’âme. Aujourd’hui, les gens ont tendance à confondre “plaisir” et “bonheur”. Le monde de la publicité et les différents médias (télévision, films, magazines) mettent l’accent sur le plaisir immédiat ; ce qui est “fun”, ce qui est “cool”, ce qui donne un “buzz” ou qui fait “tripper”. Les jeunes s’illusionnent et croient qu’ils pourront trouver leur bonheur dans les plaisirs : drogue, boisson, sexualité, sensations fortes, danses techno/raves, sports extrêmes. Mais les plaisirs ne procurent que des bonheurs éphémères et laisse l’âme profondément insatisfaite.

“Ce qui rend les gens heureux” : les enfants, la famille, les amis, la vie spirituelle… Tout ce qui est dans l’ordre du don et de la gratuité. Élever une famille comporte certes son lot de difficultés, de souffrances et de sacrifices ; et pourtant, cela procure un immense bonheur. Entretenir des liens d’amitié comporte également son lot de difficultés, de souffrances et de sacrifices; et pourtant, on en retire tellement… Vivre en homme religieux, attaché aux exigences de la vie en Dieu et de la charité– véritable folie aux yeux des “païens” qui ne vivent que pour le prochain plaisir– mais quelle paix pour celui qui y travaille de tout son coeur, de toute son âme et de toute sa force!

La joie du croyant, c’est la conscience tranquille du devoir accompli, habitée par l’Esprit Saint. C’est la paix promise par notre Seigneur Jésus. “Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne” (Jean 14,27). Un autre article du Time Magazine de cette semaine (”The Power to Uplift”) affirme à cet égard que les gens religieux sont moins stressés et plus heureux en général que les non-croyants.

[…] Studies indicate that religion buffers its adherents from worry. Religious people are less depressed, less anxious and less suicidal than nonreligious people. And they are better able to cope with such crises as illness, divorce and bereavement. Even if you compare two people who have symptoms of depression, says Michael McCullough, an associate professor of psychology and religious studies at the University of Miami, “the more religious person will be a little less sad.”

Chances are, he’ll also be a little happier. Studies show that the more a believer incorporates religion into daily living—attending services, reading Scripture, praying—the better off he or she appears to be on two measures of happiness: frequency of positive emotions and overall sense of satisfaction with life. Attending services has a particularly strong correlation to feeling happy, and religious certainty—the sense of unshakable faith in God and the truth of one’s beliefs—is most closely linked with life satisfaction…

Il convient de terminer ce post par les célèbres paroles de saint Augustin : «Tu nous as fait pour Toi, Seigneur, et le coeur de l’homme est sans repos tant qu’il ne repose en Toi».

Message-blog d’abord paru le 15 janvier 2005 sur www.benedictus74.blogspot.com/


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