Le Cardinal Turcotte nous parle du chapelet
(Source : “Le Courriel du Mercredi, Église catholique de Montréal”, 23 avril 2008.)
Aujourd’hui, je veux vous parler d’un événement qui se déroulera mercredi prochain le 30 avril. Pourquoi en parler déjà? Parce que la semaine prochaine, je consacrerai ce courrier au message des évêques du Québec à l’occasion du 1er mai. Cet événement est la Fête du chapelet que je célébrerai à la Basilique Notre-Dame. Comme je désire que la participation soit nombreuse, je vous en parle aujourd’hui pour que vous soyez du nombre.
À la veille du mois de Marie, la Fête du chapelet vient nous rappeler la place importante que Marie doit occuper dans la vie de tous disciples de Jésus. Sur la croix, Jésus a voulu que sa mère ait une attention maternelle pour ceux et celles qui marcheraient à sa suite. « Femme, voici ton fils. » La tradition catholique a toujours parlé de la maternité spirituelle de Marie à l’égard des croyants représentés par le disciple bien-aimé. « Voici ta mère. »
Cette relation étroite et privilégiée entre Marie et nous s’est exprimée de diverses façons au cours des siècles. La dévotion du chapelet y tient une place importante et privilégiée. Elle permet à tous de méditer avec Marie les mystères de la vie de Jésus et de louer le Seigneur avec elle.
Nous connaissons tous la grande dévotion que le pape Jean-Paul II avait pour le chapelet. « Le chapelet est ma prière préférée; c’est une prière merveilleuse, merveilleuse de simplicité et de profondeur » disait-il. Aussi, il a voulu nous faire partager cette préférence dans une lettre apostolique Rosarium Virginis Mariae, le 16 octobre 2002. Cet extrait de l’introduction de sa lettre nous convaincra que la dévotion du chapelet conserve toute son actualité.
Le Rosaire de la Vierge Marie, qui s’est développé progressivement au cours du deuxième millénaire sous l’inspiration de l’Esprit de Dieu, est une prière aimée de nombreux saints et encouragée par le Magistère. Dans sa simplicité et dans sa profondeur, il reste, même dans le troisième millénaire commençant, une prière d’une grande signification, destinée à porter des fruits de sainteté. Elle se situe bien dans la ligne spirituelle d’un christianisme qui, après deux mille ans, n’a rien perdu de la fraîcheur des origines et qui se sent poussé par l’Esprit de Dieu à « avancer au large » (Duc in altum!) pour redire, et même pour « crier » au monde, que le Christ est Seigneur et Sauveur, qu’il est « le chemin, la vérité et la vie » (Jn 14, 6), qu’il est « la fin de l’histoire humaine, le point vers lequel convergent les désirs de l’histoire et de la civilisation. (Gaudium et spes, no 45)
En effet, tout en ayant une caractéristique mariale, le Rosaire est une prière dont le centre est christologique. Dans la sobriété de ses éléments, il concentre en lui la profondeur de tout le message évangélique, dont il est presque un résumé. En lui résonne à nouveau la prière de Marie, son Magnificat permanent pour l’oeuvre de l’Incarnation rédemptrice qui a commencé dans son sein virginal. Avec lui, le peuple chrétien se met à l’école de Marie, pour se laisser introduire dans la contemplation de la beauté du visage du Christ et dans l’expérience de la profondeur de son amour. Par le Rosaire, le croyant puise d’abondantes grâces, les recevant presque des mains mêmes de la Mère du Rédempteur.»
Nous pourrions profiter du mois de Marie pour poursuivre la lecture de cette lettre apostolique. Vous pouvez la trouver en ligne.
Le mois de mai nous rappelle aussi que Marie fait partie de l’histoire de notre Église. Des origines à aujourd’hui, le diocèse va voir s’ériger 47 paroisses et missions qui lui seront dédiées. Marie est priée sous divers vocables et c’est toujours avec la même attention maternelle qu’elle veille sur notre Église. Une autre raison de lui rendre hommage durant le mois de mai qui lui est consacré.
- Jean-Claude Turcotte, Archevêque de Montréal.
