Karl Rahner, ardent défenseur de la dévotion eucharistique
VERS LE CONGRÈS EUCHARISTIQUE (1)
Pour nous préparer au Congrès Eucharistique International qui aura lieu en juin prochain à Québec, je rédigerai une fois par mois un texte portant sur l’Eucharistie, faisant appel aux différents témoins de la foi que le 20ième siècle a connu. L’article d’aujourd’hui est inspiré en bonne partie du chapitre 6 du livre In the Presence Of Our Lord (B.J. Groeschel et J. Monti).
Le jésuite Karl Rahner (1904-1984), théologien influent à l’époque du Concile Vatican II et figure bien-aimée des milieux théologiques plus « libéraux », était un ardent défenseur de la dévotion eucharistique. Il était particulièrement insistant sur la valeur des processions eucharistiques. Voici par exemple un extrait de l’une de ses dissertations sur la fête du Corpus Christi (traduction libre de l’anglais, qui fut traduit de l’allemand… veuillez pardonner certaines structures de phrases douteuses) :
L’Église porte aujourd’hui le sacrement dans une procession festive à travers tous les champs de la réalité humaine. En chantant joyeusement des hymnes, elle marche à travers les rues du monde et montre à ce monde avec une grande exubérance et exultation son trésor le plus intime, c’est-à-dire la présence bienheureuse de son Seigneur…Alors qu’il nous accompagne présentement dans le sacrement (comme il le fait chaque jour dans la grâce de son Esprit), ceux qui marchent à sa suite l’invoque, lui qui a souffert sous Ponce Pilate, est mort, a été enseveli et qui est descendu aux enfers. Mais ceci est dit de lui qui est le Verbe éternel de Dieu, qui est sagesse, lumière et force, vie et résurrection. Lorsque le signe de la mort la plus ultime et la plus terrible est élevé en bénédiction au-dessus de ceux qui sont à genoux, cela signifie que dans le signe de la mort qui béni les hommes mortels sur leur chemin vers la mort, la vie est présente, non la mort mais la vie qui a fait de la mort elle-même la victoire de la vie. Ainsi, une fois par année pour nous les chrétiens, notre route devient une via triumphalis et nous marchons derrière celui qui, portant la vie en lui-même, est devenu notre vie en partageant notre mort. Il nous précède. Son sacrement annonce sa mort— et la nôtre également. Puisqu’il nous précède, il ne nous leurre pas avec des banalités. Il dit : vous partagez mon sort que vous proclamez dans ce sacrement. Vous partagez ses exigences, ses difficultés, son inexorabilité. Et par cette procession solennelle, nous proclamons que le sort du Christ est le nôtre également, dans son entièreté. Il est d’ailleurs écrit : « Je suis mort et voilà que je vis pour toujours et que je possède les clés de la mort et des enfers » (Ap 1,18). (Karl Rahner, Everyday Faith, 1967, pp. 90, 93-94).
Nous ne pouvons saisir complètement et d’un seul coup l’extrême signification d’une procession comme celle-ci avec Lui qui est mort et qui vit. Qui peut comprendre Dieu et le monde, la vie et la mort, le temps et l’éternité, unis comme ils le sont à travers cette fête?
Karl Rahner défendait également la dévotion eucharistique privée, allant jusqu’à mettre en question les motifs pour lesquels une personne en viendrait à désapprouver de cette forme de prière.
[La visite au Saint-Sacrement] est la présence de l’homme devant le signe sacramentel objectif de la mort sacrificiel de Jésus pour notre salut : c’est une prolongation de la messe et le commencement de notre prochaine communion. Tout ce qui a été dit au sujet de l’action de grâce s’applique à cette visite, ainsi que tout ce qui peut être dit sur ce que signifie se préparer réellement à la communion. Cela semble juste que l’action de grâce et la préparation à la communion se fassent devant le signe objectif de la cause et de l’appropriation du salut, i.e., le vrai corps et sang du Seigneur; en présence du Seigneur, présent dans sa corporalité concrète comme nourriture sacrificiel pour moi en particulier. La réserve eucharistique est la réserve de la présence du Seigneur rendu présent à la messe en tant que telle, et de la nourriture à être consommé en tant que telle. (K. Rahner, « Mission and Grace : Essays in Pastoral Theology, Vol. I, 1963, pp. 312-313).
Rahner croyait aussi que l’opposition à la prière au Christ présent dans le Saint Sacrement était en fait l’opposition des « activistes » à l’idée de la prière contemplative en général.
Il est possible de soupçonner que les problèmes concrets et les difficultés soulignées contre les « visites » au Saint-Sacrement sont souvent, au fond, des problèmes et des difficultés dirigés contre la prière privée, prolongée et contemplative en général. Autrement dit, les objections soulevées contre de telles visites sont pour la plus grande part uniquement une sorte de couverture idéologique, fournie en rétrospective comme un retrait devant les demandes exigeantes de l’oraison (méditation). Connaît-on beaucoup de cas de personnes très données à la pratique de la prière contemplative prolongée et qui ont aussi des objections au sujet des visites [au Saint-Sacrement]? La question doit être posée de la part de la personne qui est « anti-adoration », à savoir si ses objections ne sont pas en fait une certaine protestation contre le fait d’être constamment appelé à se mettre elle-même en présence Dieu, dans un climat de silence, de calme et de d’abandon, afin d’expérimenter la transformation [« correction » en anglais] et la purification du silence de Dieu. (Ibid., pp. 301-302).
Enfin, Karl Rahner n’a jamais perdu son amour profond pour la dévotion eucharistique. Dans ses derniers écrits, il a donné comme avertissement que la dévotion eucharistique ne devrait pas disparaître des trésors de l’Église :
« L’adoration de Jésus dans le Sacrement ne doit pas disparaître. L’histoire de cette dévotion a débuté très modestement, sans trop de vagues. Cependant, dans l’histoire du salut et dans l’histoire de l’Église, une chose ne doit pas disparaître uniquement parce qu’elle a commencé de façon discrète. Non, comme catholiques, individuellement et ensemble, nous voulons regarder au signe de la présence de celui qui nous a aimé et qui s’est offert pour nous. Il ne devrait pas être inhabituel pour nous de nous agenouiller durant notre prière devant le Seigneur qui nous a sauvé » (Karl Rahner, « Eucharistic Worship », in Theological Investigations : vol. XXIII : Final writings, 1992, p. 115).

Dear Father,
Unfortunately, I cannot read the blog on Karl Rahner, as I only speak english. However, I noted that one of his recent works was cited. Karl Rahner espoused error regarding the Real Presence of Christ in the Eucharist. He espoused the error of transsignification which is extremely widespread in our present day. ( Edward Schillebeeckx espoused transfinalization.)
The Church teaches that transubstantiation occurs at the consecration (when the proper words–form–are said and the matter–bread and wine are valid and the priest has the intent to do what the Church teaches). “Transubstantiation is the complete change of bread and wine into the substance of Christ’s body and blood by a validly ordained priest during the consecration at Mass, so that only the accidents of bread and wine remain.” (Modern Catholic Dictionary, by Father John Hardon, S.J.)
Father John Hardon S.J. (R.I.P.) said:
“We get some idea of how deeply this error has penetrated Catholic thought, when we read what Karl Rahner writes about the Eucharistic consecration. Rahner therefore is the first of the two master teachers of profound error on the Real Presence. I will quote now from Rahner’s language, not always so clear, I chose the clearest part that I could find. Quote Karl Rahner, “the more recent approaches suggest the following considerations, one has to remember that the words of institution indicate a change. But not give any guiding line for the interpretation of the actual process. As regarding transubstantiation it may be said, the substance, essence, meaning and purpose of the bread are identical but the meaning of a thing can be changed without changing the matter. The meaning of the bread has been changed through the consecration something which served profane use now becomes the dwelling place and the symbol of Christ who is present and gives Himself to His own.” unquote Karl Rahner. From the Encyclopedia of Theology edited by Rahner and defining the meaning of transubstantiation. What takes place through the Eucharistic consecration the significance the meaning attached to the bread changes but the bread remains bread. Rahner’s ideas are permeating the Eucharistic theology of whole nations.” (http://www.therealpresence.org/archives/Faith/Faith_006.htm)
When transubstantiation occurs, Christ is present in a unique way, and in the manner he was 2000 years ago while he walked this earth. Pope Paul VI discussed in the encyclical Mysterium Fidei the ways in which Christ is present in the world, but especially his unique presence in the Eucharist. This encyclical also addressed the looming errors regarding the Real Presence.
I pray that these errors of transsignification and transfinalization will be discussed at the Eucharistic Congress in Quebec City.
Thank you and God Bless.
Maureen, the purpose of the above post was to show that Karl Rahner held in high esteem two Eucharistic devotions : adoration of the Blessed Sacrament and Eucharistic processions. But thank you for pointing out Karl Rahner’s problematic teaching regarding the Real Presence. For further clarification on this issue, I refer the readers to the New Advent encyclopedia article : The Real Presence of Christ in the Eucharist.
Dear Father,
Thank you for your response. However, I am perplexed as to why Karl Rahner esteemed adoration of the Blessed Sacrament and Eucharistic processions when he did not believe that Jesus Christ is truly present body, soul, and divinity here on earth? In fact, Jesus Christ is present in this special way only in two places, here on earth and in Heaven, as you know.
Hi,
Est-ce que l’on doit réserver (2 Personnes)pour assister a la messe de minuit a la cathédrale de Montreal?
Maureen : despite his problematic sacramental reasoning on the “real presence of Christ” in the Eucharist (transfinalization as the *new* transubstantiation), Rahner still believed Christ to be present in some way in the consecrated host.
Nicol : Pas de réservation pour la messe de minuit. Il faut arriver d’avance pour de bonnes places.
Dear Abbe Benoit Morrier,
Yes, and what Karl Rahner believed is heretical. There is what Karl Rahner believed and then there is Truth. When the Mass is valid, Jesus Christ becomes present, body, soul, and Divinity; present in only two places in this manner, as the Eucharist and in Heaven.
Karl Rahner’s belief that the consecrated host is Christ’s presence “in some way”, (translation, Karl Rahner’s way) is relativism. He created his own personal Jesus.