Droits et responsabilités des parents
Fr. Thomas Dowd, de Waiting in Joyful Hope, offre à ses lecteurs le fruit de sa réflexion au sujet du mariage des personnes de même sexe…
“Dans un des commentaires au sujet de mon article traitant de l’importance des liens familiaux naturels, un lecteur contestait l’idée selon laquelle ceux-ci seraient sapés par la nouvelle loi. Il écrit : “Mon Père, si un couple est marié légalement, de quelle manière se trouve-t-il menacé par un couple homosexuel qui n’a rien à voir avec eux ? Etes-vous en train d’affirmer qu’un bureaucrate du gouvernement va tamponner un document permettant à un couple homosexuel dérangé d’aller arracher l’enfant d’un père hétérosexuel ?”
Ma réponse immédiate a été : “Je n’ai jamais dit qu’ils étaient menacé par “tel” couple ou « tel autre » couple homosexuel. Ce que je dis c’est qu’afin d’accomoder les couples homosexuels en général, un nouveau contexte légal est nécessaire, lequel a pour prix nécessairement l’affaiblissement du support social et légal des liens familiaux naturels. La preuve s’en trouve aussi bien dans la loi C-38 elle-même que dans le récent vote, lors des législatures d’Ontario, qui a déjà accompli cela à un niveau provincial.”
Le lecteur me répondit : “Plutôt que de m’engager dans un long débat philosophique avec vous, je préférerais seulement tester votre hypothèse. Comment exactement les liens familiaux naturels ont-ils été affaiblis pour les familles hétérosexuelles? Les familles hétérosexuelles sont en bien plus grand nombre et risqueraient de perdre beaucoup. Pouriez-vous, s’il vous plaît, expliquer et donner un exemple de la manière dont les familles traditionnelles perdraient quoi que ce soit en relation avec cette loi ?”
Heureux d’y répondre.
Pour commencer cette discussion, il faut toutefois garder présent à l’esprit cette importante distinction : Les changements à la loi, en fait, ne sapent pas les liens familiaux *eux-mêmes*; après tout, on ne peut pas légiférer sur les émotions des autres. Toujours est-il que la loi reconnait bel et bien que certains droits et responsabilités ont leur source dans ces liens familiaux naturels; le droit de garde, mentionné par [notre lecteur], n’étant qu’un de ceux-ci. Ces changements à la loi, toutefois, en déclarant que le “mariage exclusivement hétérosexuel” est discriminatoire, ont pour effet de statuer que les liens familiaux naturels ne devraient pas jouir d’un statut privilégié dans la manière dont notre société est structurée. En conséquence, ces droits et responsabilités particuliers, découlants des liens familiaux naturels, ne sont plus (et à peine) que des concessions faites par l’état; situation qui, éventuellement, rejaillit et affecte même les parents adoptifs. Nous devons garder à l’esprit que ce sont ces droits et responsabilités qui sont réellement en jeu.
Il y a trois lieux principaux ou je peux voir qu’un affaiblissement du support légal des liens familiaux naturels conduit à un affaiblissement des droits et responsabilités naturels qui découlent d’eux : dans l’assistance sociale, l’éducation et le droit de garde.
1- L’assistance sociale
Les observateurs de la scène politique canadienne s’appercoivent progressivement de l’émergence d’un débat sur la question du soutien fiscal pour les familles; qu’il s’agisse de remises d’impôts ou de services sociaux particuliers dont les familles ont besoin. De plus en plus de voix se font entendre en faveur d’une option qui aimerait voir l’abolition d’un tel soutien. Leur raisonnement est le suivant : “Je n’ai jamais demandé à telle famille d’avoir des enfants et pourtant une part de l’argent de mes impôts est utilisée pour leur soutien. S’ils ont voulu avoir des enfants, ils devraient eux-même payer pour eux. Pourquoi mes impôts devraient-ils être augmentés en m’imposant leurs besoins familiaux ?”Il y a deux réponses possibles à cette question :La première relève d’un argument économique, l’autre s’appuie sur les droits et responsabilités provenant des liens familiaux naturels. L’argument s’appuyant sur les liens familiaux naturels se présente comme suit : personne (et encore moins le gouvernement) n’a le droit de dire à une autre personne le nombre d’enfants qu’il lui est permis d’avoir ou à quel moment de leur vie les avoir.
En somme, si les liens familiaux naturels sont réellement uniques et méritent comme tel d’être soutenus, alors ce soutien commence en permettant aux familles de choisir elles-mêmes le moment d’en créer de nouveaux. Il s’agit du premier des droits fondamentaux de toute famille. Si telle est notre approche, alors, cela signifie que le rôle de la politique sociale est de permettre le maximum de liberté aux gens afin qu’ils puissent choisir le nombre d’enfants qu’ils auront et à quel interval, selon leurs propre ressources matérielles ou émotionnelles. L’argument économique relève d’une approche plus pragmatique. Il prend en considération le fait que ces enfants sont le futur de notre société et que la société voudrait naturellement encourager ceux qui prennent sur eux d’assumer la continuité de sa population. De cette façon, entre autre, il y aura toujours une nouvelle génération bien éduquée prête à veiller sur la génération actuelle dans sa vieillesse. L’argument économique est toutefois plus faible car il constitue une réponse économique à un enjeu qui se situe au niveau de la liberté : “Je ne leur ai jamais demandé d’avoir des enfants, alors, aucune part du fardeau qu’ils représentent ne devrait reposer sur moi.” Il s’agit du devoir de solidarité sociale confronté au principe de l’autodétermination absolue.
Si la loi C-38 devait passer, enchâssant ainsi la logique selon laquelle les liens familiaux naturels n’ont pas leur place dans les lois du pays parce qu’ils sont secondaires– et, en conséquence, source de discrimination– il ne nous resterait plus, alors, que le second de ces deux arguments. A la place d’une société qui prévoirait d’avance un généreux soutien, ce soutien aurait besoin d’être négocié. Peut-être ceux qui s’oppose à payer pour des services sociaux pourraient accepter qu’une famille puisse recevoir ces services pour ses 2 premiers enfants, par exemple, mais cela serait-il juste ? Voudrions-nous que l’état décide de nos droits à la procréation ? Ce raisonnement deviendra encore plus insidieux lorsqu’une famille se trouvera confrontée avec un diagnostique pré-natal révélant un handicap physique ou mental sérieux. Des familles se trouvent déjà fortement “encouragées” à faire avorter ces “erreurs” et à essayer de nouveau. La prochaine étape sera un glissement dans la politique sociale, qui retirera progressivement l’aide sociale aux parents qui choisissent de garder le bébé. Déjà, les parents d’enfants handicapés ont remarqués la lente érosion du niveau de soutien que la société leur accorde. Et parce que leurs enfants requièrent plus de ressources du système social que ce qu’ils seront en mesure de lui apporter, l’argument économique n’est d’aucune valeur pour ces familles. Le handicap n’aura même pas à être grave : étant donné que, dans le meilleur des cas , l’état tendra à n’offrir son soutien qu’au petites familles, l’importance que chaque enfant soit “parfait” sera d’autant plus grande. Déjà à l’heure actuelle, le système médical connaît un accroissement marqué des avortements sélectifs pour cause de tares de naissance mineures, comme un pied-bot ou un bec de lièvre, qui ne sont pas une menace pour la vie et qui sont faciles à corriger.
Alors, qu’est-ce qu’un être humain et d’où provient sa valeur ? Une part de cette vision sur les liens familiaux naturels consiste à comprendre que de fonder une famille est un “beau risque” : le risque d’avoir à accueillir les enfants qui arrivent pour la seule raison qu’on ne peut les renvoyer d’où ils viennent. Derrière ce risque, toutefois, il y a la perspective d’une récompense : le fait que le “fardeau” de cette responsabilité nous fait grandir dans notre maturité humaine personnelle. La véritable maturité, celle sur laquelle se fonde la société, s’enraçine dans le renoncement à être centré sur soi pour se centrer sur les autres. Les membres le plus faible de la société, en sollicitant des soins de notre part, donnent en fait leur contribution à la société, sauf qu’il ne s’agit pas d’un profit économiquement quantifiable. Nous avons besoin de préserver la valeur sociale des liens familiaux naturels, ne serait-ce que pour préserver un regard généreux sur la dignité de l’être humain.
Etrangement, ceux qui promeuvent le mariage des personnes de même sexe le font sur la base de la promotion d’une liberté plus grande. A cette liberté, toutefois, s’ajoute un prix. La logique du mariage homosexuel, particulièrement lorsqu’elle s’enracine dans le concept de “discrimination injuste”, déstabilise le droit des parents de fonder leur famille comme ils le jugent bon; un droit qui s’enracine mieux les liens familliaux naturels. Je crois en la liberté mais je ne vois pas pourquoi il faudrait accepter la loi C-38 qui promeut une sorte de liberté au dépends d’une autre. Cela affecte également les situations dans lequelles les liens familiaux naturels ont un certain degré d”artificialité”; c-à-d que même les couples adoptifs, les couples de lesbiennes ayant des enfants par insémination artificielle et les couples homosexuels ayant eu des enfants dans des relations précédentes car leurs droits parentaux sont calqués sur les droits découlants en premier lieu des liens familiaux naturels. TOUTES LES FAMILLES AYANT GARDE D’ENFANTS DEVRAIENT S’OPPOSER A CETTE LOI, parce qu’elle crée en fin de compte les conditions légales d’une interférence dans votre liberté et une diminution du soutien social qui devrait vous être attribué.
2- L’éducation
Les bons parents font l’éducation non seulement du développement physique de leurs enfants mais également celle de leur développement mental, intellectuel et social. Les liens parentaux naturels sont, donc, le fondement de quelque chose de plus que le droit à la procréation; ils fondent également le droit et la responsabilité des parents à décider et à assurer le type d’éducaton qu’ils veulent pour leurs enfants. Si demain la civilisation et toutes les structures d’enseignement modernes devaient disparaître, l’obligation naturelle des parents d’élever leurs enfants le mieux qu’ils peuvent continuerait d’exister. Cette responsabilité est enracinée dans les liens familiaux naturels, dont les origines sont plus ancients que la civilisation elle-même.
Souvent, toutefois, les parents ne se sentent pas en mesure d’accomplir cette tâche eux-même. Cela peut être dû en partie au fait que notre société est devenue extrêmement complexe, de telle sorte qu’il est devenu très difficile d’avoir une connaissance suffisante de toutes les matières enseignée aujourd’hui. Ce pourrait être, par ailleur, que, tout en ayant une connaissance suffisante des matières, les parents on conscience de ne pas avoir le sens de la pédagogie. Par contre, le plus souvent, les parents ne disposent tout simplement pas des ressources matérielles; le temps utilisé à enseigné n’est pas utilisé à gagner sa vie et le simple besoin de mettre du pain sur la table peut facilement empêcher d’assumer soi-même cette responsabilité d’enseignement. De fait, c’est ce cas qui a prévalu le plus souvent dans la plupart des sociétés humaines à travers l’histoire. Pour gérer ces situations, les parents choisissent alors de fonder des écoles, puis des pensionnats et enfins des systèmes scolaires. La société, bien-sûr, a son intérêt dans la réussite de ces système et toute la société bénéficie d’un bon enseignement de la population. Ainsi, les gouvernements mettes en place des système d’imposition qui assure la commuication des ressources des personnes plus riches aux personnes plus pauvres, assurant ainsi l’universalité de l’accès à l’éducation.
Par contre, la création des systèmes scolaires, de même que leur financement à partir des fonds publics, lance un nouveau débat : Qui détient la responsabilité en bout de ligne? Si vous croyez à l’existence des liens familiaux naturels, c’est, par dessus tout, les parents. Ceux-ci ne sont que soutenus et assistés dans l’exercice des droits et responsabilités naturels qui leur appartiennent en propre. Cependant, la tentation demeure toujours présente chez ceux qui ont le pouvoir (gouvernement, fonctionnaires, professionnels de l’éducation) de conclure que le droit naturel des parents ne compte pas réellement et de s’accaparer ces droits et responsabilités. Nous ne nous rendons pas toujours compte du changement subtil qui s’opère lorsque ce kidnapping des droits et responsabilités naturels se produit. Après tout, il y a un concensus général pour reconnaître certaine matières comme faisant partie d’une bonne éducation de base, telles que d’apprendre à lire et à écrire, les sciences et les mathématique, certaines matières culturelles comme l’histoire, la géographie et la musique.Là où les choses deviennent délicates, par contre, c’est dans le domaine de l’éducation morale et religieuse. Il s’agit en quelque sorte de la forme d’éducation la plus fondamentale car pour les personnes qui ont de fortes convictions morales et / ou religieuses, il y a un enjeu plus grave que celui d’obtenir un emploi plus tard.
Que nous soyons d’accord avec leurs croyances particulières ou non, ces personnes croient souvent que ce qui est le véritable enjeu est le bonheur de leurs enfants, dans cette vie ou dans l’autre. Ces convictions méritent notre respect, parce que dans ce qu’elles ont de meilleur, elles manifestent avec force cette “poussée intérieure” à l’éducation qui est présente dans les liens familiaux naturels. La détermination actuelle à instaurer le mariage des personnes de même sexe au Canada comporte une double menace envers les droits et responsabilités des parents. La pratique homosexuelle, justement parce qu’elle est une pratique, est sujette à l’analyse morale, comme n’importe quelle autre pratique. Plusieurs religions et système philosophique la considère déficiente. Puisque la société comprend plusieurs personnes homosexuelles, c’est à juste titre qu’il est inclus dans le bien commun que le droit insiste sur le fait que nos enfants doivent être éduqués à traiter les autres avec un respect humain fondamental. Cependant, comme je l’ai déjà souligné, la pression pour promouvoir le mariage homosexuel ne se situe pas qu’au niveau de la tolérance sociale mais de l’APPROBATION sociale.
[Traduction Google à partir de ce point, revue et corrigée pour en faciliter la lecture] En effet, l’état est en train de devenir le juge des systèmes privés de valeur des parents et des familles. Concrètement, les enfants apprendront à l’école que la conduite homosexuelle est moralement bonne, et les parents qui pensent autrement devront faire un effort pour « défaire» cet enseignement à la maison — un enseignement qui, aux yeux de plusieurs, peut menacer le bonheur terrestre (et même céleste) de leur enfant. Cela ne peut pas être juste.
Les parents ont des options, naturellement. Certains retirent leurs enfants de l’école et les éduquent à la maison. Éventuellement, ils fondent de nouvelles écoles, érigent des conseils et de nouveaux systèmes scolaires, structurés autour de leur croyance et de leurs valeurs fondamentales. Dans presque tous les cas, cependant, de tels systèmes se trouvent désavantagés. Ces parents payent les mêmes impôts que n’importe qui, mais leurs efforts éducatifs reçoivent aucunement le même appui (s’il y en a un) que le système publique officiel. En pratique, vous êtes seulement garantis de pouvoir communiquer vos valeurs à vos enfants si vous pouvez vous le permettre. Les droits naturels et les responsabilités parentales sont tenus captifs, et ceux qui ne peuvent pas payer la prime ont peu de choix sinon avaler le système moral “officiel” de croyance de la bureaucratie éducative. Cependant, les implications légales occasionées par la loi C-38 vont bien au delà de ces quelques considérations.
Ce projet de loi est basé sur une philosophie qui réduit l’importance des liens familiaux naturels. Au mieux, ces derniers ne sont que d’une importance mineure ; au pire, ils font partie du problème même de la discrimination “injuste”. En faisant ainsi, le projet de loi transforme les droits et les responsabilités des parents en une simple concession de l’état et renverse du même coup la raison d’être même de l’éducation publique. Ce n’est plus une tentative d’aider respectueusement les parents à accomplir leurs responsabilités: l’état commence à assurer ces responsabilités, en prenant de plus en plus la place des parents, que ceux-ci le veulent ou non.
De beaucoup de manières, nous y sommes déjà. Certains groupes de parents ont déjà essayé d’établir des systèmes d’école de sorte qu’ils aient accès aux fonds publics sans devoir relever du “programme d’études de valeurs” imposé, mais sans beaucoup de succès. Et l’état interfère déjà dans la vie de famille de manière très intime, en particulier dans le domaine sexuel. Saviez-vous, par exemple, qu’au Québec, une jeune fille de quatorze ans peut demander à son infirmière d’école de lui prendre un rendez-vous pour un avortement, ou qu’elle peut se rendre elle-même à une clinique? Et saviez-vous que l’école et la clinique d’avortement sont obligés de cacher cela de ses parents? Malgré le fait qu’elle est une mineure, qu’elle ne peut pas encore voter ou conduire une voiture [ou même acheter un paquet de cigarettes], les parents sont—par la loi– gardés hors d’une décision qui peut changer toute une vie.
Aussi mauvais que cela puisse être, avec la philosophie derrière le projet de loi C-38, cela deviendra pire. En niant la valeur des liens familiaux naturels et des droits et responsabilités qui les accompagnent, les cours de justice ont refusé aux parents toute garantie d’indépendance et d’initiative dans l’éducation de leurs enfants, autant à l’intérieur du système scolaire qu’en dehors. Ils ont remis entre les mains de quelques personnes le pouvoir de décider la direction morale globale de la société et ont ainsi éliminé la base juridique pour “la démocratie normale” [et saine] qui existe au sein des familles d’aujourd’hui. Les bureaucrates zélés sans scrupule et sans visage que j’ai mentionné dans un point précédent ne saisiront peut être physiquement la garde des enfants, mais ils saisiront à toute fin pratique la garde morale en enlevant le droit naturel des parents à guider leur développement moral.
3. Le droit de garde
Dans sa première réponse à mon article sur les liens familiaux naturels, mon lecteur a affirmé que mon raisonnement était absurde parce qu’il impliquait que des enfants seraient arbitrairement saisis de leurs maisons. Comme je l’ai déjà montré, toutefois, les liens familiaux naturels servent de base à beaucoup plus que simplement la question du droit de garde. En toute honnêteté, cependant, le droit de garde est *vraiment* une des questions importantes en jeu.
[NDLE : je passe par dessus les considérations historiques soulignés par l’abbé Dowd dans son texte original. Il nous rappelle entre autre que plusieurs systèmes totalitaires ont essayé—avec plus ou moins de succès—d’éliminer ou de changer la structure familiale naturelle. Il relate également le moment douloureux de l’histoire canadienne lorsque les enfants autochtones étaient séparés de leurs parents et envoyés dans des écoles résidentielles où l’on essayait d’enlever toute trace de leur héritage « indien »…]
Aussi possible qu’il soit pour le gouvernement, même dans une démocratie, d’interférer injustement sur la question de la garde, cela n’est pas ce qui m’inquiète le plus. Ce qui m’effraye le plus est la possibilité que cette négligence de la garde deviendra une partie de notre culture elle-même – quelque chose d’ignorer non seulement par quelques personnes siègeant au gouvernement, mais par des milliers et probablement des millions de nos concitoyens.
Voyez-vous, la garde se compose non seulement de droits parentaux, mais également des responsabilités parentales. Si la loi ignore l’existence des liens familiaux naturels, les liens sur lesquels le concept de la garde repose, alors il n’y a aucune de base à exiger légalement la responsabilité de la part des parents non plus. Sur quelle base pourrions-nous, par exemple, refuser la logique d’un homme qui, découvrant que sa petite amie est enceinte, affirmerait: “Je lui ai dit clairement que je ne voulais pas devenir père bien avant que nous devenions davantage impliqués, et elle semblait bien d’accord avec cela. J’ai offert de payer pour l’avortement, mais elle dit qu’elle veut le garder. Très bien, mais c’est SON choix. Je n’ai pas l’intention de payer quoi que ce soit comme appui financier, et je ne vois pas pourquoi je le ferais.” Comment pourrions-nous répondre à cet homme? Naturellement, nous pourrions lui dire qu’il est responsable du résultat de ses actions, mais on fait ainsi appel aux résulats de la nature, qu’il juge avoir dépassés par sa volonté et son choix. Enlever les liens familiaux naturels de l’équation menace non seulement la garde quand nous la voulons, cela rend également impossible (au nom de la licence, qui prend le masque de la liberté) d’imposer aux personnes les responsabilités de garde minimales (pensions alimentaires), oubliant que la décision de procréer ou non repose avec le couple, et non avec un individu. Le résultat final? Nous créons un véritable déséquilibre entre les sexes, accordant aux hommes une puissance indue sur les femmes, créant ainsi la recette idéale pour une augmentation de mères monoparentales vivant en situation de pauvreté. Est-ce cela une politique sociale éclairée?
Bien sûr, on pourrait argumenter en disant que nous pourrions créer un contexte légal dans lequel le consentement à la procréation serait assumé, plutôt que d’avoir à le prouver, sauf que nous avons déjà cela : cela s’appelle le MARIAGE, avec tous ses liens familiaux naturels intacts.
CONCLUSION # 1: Toutes les familles qui élèvent des enfants devraient s’opposer au projet de loi C-38 et la logique légaliste qui l’accompagne, parce qu’il crée les conditions légales pour une interférence dans la liberté de reproduction et une diminution du soutien social. Les parents d’enfants handicapés devraient être particulièrement préoccupés.
CONCLUSION # 2: Tous les parents préoccupés par l’éducation de leurs enfants devraient s’opposer au projet de loi C-38, parce que la philosophie légale qu’elle contient renverse les rapports parents-État concernant l’éducation.
CONCLUSION # 3: La loi C-38 s’attaque à la base sur laquelle la garde légale repose et devrait donc être opposée par tous les groupes minoritaires qui craignent l’oppression ou l’assimilation culturelle. En particulier, les groupes autochtones devraient s’opposer au projet de loi C-38 car leur histoire démontre bien qu’un tel processus d’assimilation peut aller jusqu’à attaquer le droit de garde naturel, même dans une nation démocratique. Plus Jamais!
CONCLUSION # 4: L’élimination des liens familiaux naturels de la loi canadienne enlève la possibilité légitime d’imposer pour un grand nombre de cas la pension alimentaire pour enfant. Les groupes qui luttent pour le droit des femmes devraient s’opposer au projet de loi C-38 parce que l’effet à long terme de sa philosophie sera un déséquilibre de puissance sociale “en faveur” des hommes et créera une augmentation de la pauvreté parmi les femmes qui cherchent à prendre soin de leurs enfants dans une maisonnée monoparentale.
Merci au fr. Benoît-Labre, fj pour la première partie de cette traduction.
