Démêler Jacques, Jacques et Jacques
Aujourd’hui, le 3 mai, l’Église célèbre la fête des saints apôtres Philippe et Jacques. Né à Bethsaïde comme Pierre et André, Philippe était l’un des disciples de Jean-Baptiste. Lors de la dernière Cène, Jésus a dit à Philippe : “Philippe, qui me voit voit le Père”.
Jacques pour sa part est le “fils d’Alphée”. Son nom apparaît à quatre reprises dans le Nouveau Testament, chaque fois dans une liste d’apôtres. On le distingue bien de l’autre apôtre Jacques, frère de Jean l’Évangéliste et fils de Zébédée (dit le “Majeur”).
Jacques le “Majeur” est présent à des moments-clés de la vie du Christ, formant un trio inséparable avec son frère Jean et saint Pierre. En effet, Pierre-Jean-Jacques (le majeur) sont présents sur la montagne lors de la Transfiguration du Christ, présents lors de la résurrection de la fille de Jaïre et pris à part pour la prière lors de l’agonie au jardin de Gethsémanie. Après la résurrection du Christ, Jacques le Majeur aurait évangélisé l’Espagne (Hispanie) et serait éventuellement revenu à Jérualem pour y mourir décapité par le roi Hérode Agrippa en 44 après Jésus-Christ (Actes 12, 1-2). Le tombeau (ou du moins certaines reliques) de saint Jacques le Majeur repose aujourd’hui à Saint-Jacques-de-Compostelle.
Il y a un autre Jacques dans le Nouveau Testament : Jacques dit “le Juste”, premier évêque (épiscope) de Jérusalem et auteur de la Lettre de Saint Jacques; témoin du Christ ressuscité (1 Cor 15,7), il aurait été lapidé en 62 après J.-C selon l’historien juif de l’époque Flavius Joseph. On lui donne aussi le nom de “Mineur” puisqu’en Marc 15,40, on mentionne sa mère de la façon suivante : “Il y avait aussi des femmes qui se tenaient à distance, et parmi elles… Marie, la mère de Jacques le mineur et de José…”. Matthieu 27,56 et Marc 16,1 font aussi mention de cette Marie, “mère de Jacques”. Ce troisième “Jacques” est traditionnellement identifié à Jacques fils d’Alphée puisque saint Paul le nomme “apôtre” en Galates 1,18-19. De plus, Saint Jean précise que Marie “mère de Jacques” était la femme de “Clopas” (Jn 19,25). Or, “Clopas” est une possible translittération grecque de l’araméen “Alphaeus” (bien qu’il n’y ait pas d’unanimité chez les linguistes à ce sujet). Enfin, selon une tradition des premiers siècles, Clopas était le frère de Saint Joseph (et Marie, femme de Clopas, la “soeur”–ou belle-soeur– de la Vierge Marie ; voir Jn 19,25), ce qui fait de Jacques le mineur le cousin (le “frère”) de Jésus… (ses autres cousins étant José (Joseph), Simon et Jude… ne pas confondre avec les apôtres du même nom; voir Matthieu 13,55 et Marc 6,3).
Pour récapituler, nous avons :
1) Saint Jacques, fils d’Alphée
2) Saint Jacques, le Majeur, frère de saint Jean et apôtre de l’Espagne, martyrisé (décapité)
3) Saint Jacques, le mineur, premier évêque de Jérusalem, auteur de l’épître qui porte son nom, “frère” de Jésus, martyrisé (lapidé ou crucifié).
Forte possibilité que 3) et 1) soient le même Jacques.

[…] - Marie, femme de Clopas, qui se tenait avec Marie-Madeleine au pied de la croix. Cette 3e Marie, la soeur (belle-soeur?) de la Vierge Marie (Jean 19,25), serait la mère de Jacques le Mineur (voir article “Démêler Jacques, Jacques et Jacques“). […]