Comment vivre le sacrement du pardon

Un jour, une personne a demandé “C’est quoi le minimum requis pour une confession valide ?”

Le sacrement de la Réconciliation ne consiste pas seulement à confesser ses péchés mais aussi – et surtout – à confesser l’amour de Dieu et sa miséricorde infinie ! Donner certains détails à propos de vos péchés personnels aide certainement le prêtre a donné un bon diagnostic spirituel, mais l’humilité de la démarche fait aussi partie du processus de guérison. Les gens donnent des détails précis aux docteurs, psychologues, psychiatres et aux lignes téléphoniques à la radio !

Le sacrement de la réconciliation est (tout comme le sacrement des malades) un sacrement de guérison et de pardon. Si nous voulons puiser au pouvoir de guérison du sacrement, si nous voulons exposer notre âme à l’abondance de grâces divines, nos confessions doivent être un peu spécifiques. C’est vrai, nous n’avons pas toujours à donner tous les détails scabreux. L’important dans l’aveu, ce ne sont pas autant les mots qui sont utilisés mais que le prêtre comprenne bien le péché qui a été commis et dont on demande le pardon. Parfois, certains détails de base sont nécessaires, spécialement si ces détails peuvent changer la gravité de l’acte et du péché. Il faut nous rappeler que Dieu veut que nous nous présentions tel que nous sommes, puisque c’est la vérité qui nous rend libre. « Tu aimes la sincérité du cœur, et dans le secret tu me fais connaître la sagesse” (Psaume 51,8).

Ce qui est requis pour avoir une confession valide est :

1) Avoir la contrition pour les péchés commis (contrition ”parfaite” ou “imparfaite”) ;

“La foi catholique distingue deux genres de contrition (regret) du péché : l’une, la contrition parfaite, qui naît de l’amour pour Dieu qui a été gravement offensé ; l’autre, la contrition imparfaite, surgissant principalement de d’autres motifs, comme la peur de l’enfer, la perte du Ciel, la laideur du péché, etc.

2) Faire confession de tous les péchés « mortels » (*) depuis la dernière confession (n’en retenir volontairement aucun);

Mon conseil : on devrait confier à la miséricorde du Seigneur et confesser tous les péchés dont la matière est grave, peu importe votre jugement personnel quant au fait qu’ils étaient (objectivement) mortels ou non. Laissez Dieu être le juge de tout cela!
Concernant les détails, aussi longtemps que le prêtre comprend le type des péchés qui sont avoués et que vous ne retenez pas des détails qui peuvent changer la nature ou la gravité des péchés, vous êtes correct.

3) Faire « pénitence » pour vos péchés (celle proposée par le prêtre) comme acte de réparation et geste d’action de grâce pour le pardon reçu;

Si vous ne comprenez pas bien la pénitence que vous donne le prêtre, n’hésitez pas : demandez lui quelques précisions.

4) Avoir le désir sincère de se repentir.

En se donnant des moyens (prudence de base, éviter les occasions de chute, prière, jeûne et petites mortifications), essayer « avec la grâce de Dieu » d’éviter le péché, particulièrement les fautes qui ont été confessées.

Telles seraient les conditions minimales.

Pour une confession maximale, assurez-vous que votre confession soit d’abord faite dans un climat de prière (avec un bon examen de conscience avant la confession elle-même). Demandez au Seigneur un sincère regret de vos péchés !

Lorsque vous vous présentez au prêtre, dîtes lui un peu quel est votre situation de vie (célibataire, marié, étudiant, travailleur, etc.) Confessez non seulement vos péchés graves mais tous les péchés véniels avec lesquels vous avez lutté depuis votre dernière confession. Demandez la grâce de Dieu de surmonter ces péchés. N’ayez pas peur de souligner quelques éléments spécifiques de votre vie qui ont besoin de force et/ou de guérison. Peut-être êtes vous excessivement timide ou facilement stressé et sur les nerfs (pas nécessairement des péchés en soi, mais parfois quelques blessures inconscientes sont à la base de ces caprices de personnalité ; par exemple, la fierté excessive dans le cas de la timidité. « Qu’est-ce que les gens vont penser de moi ? »). Demandez au Seigneur de vous aider à travers la grâce du sacrement. Demandez conseil au prêtre lorsque vous êtes pris avec des situations difficiles (relations interpersonnelles, dépendances, angoisses à cause du travail ou de la famille, etc.).

Pour votre pénitence, soyez ardent, soyez zélé ! Ne faites pas simplement la pénitence imposée par le prêtre, ajoutez certaines de vos propres prières ou dévotions! Lisez quelques passages de la Bible, passages qui concernent les péchés avec lesquels vous avez eu des moments plus difficiles. Priez le Psaume 51 (50), le Miserere (ce qui devrait être la pénitence minimale pour chaque péché grave !)

Notre Dieu est le Seigneur des Miséricordes. N’ayons pas peur d’aller à lui et de nous confier. La première chose que Jésus a fait après la résurrection fut de confier le sacrement de la réconciliation à ses ministres (voir Jean 20, 22-23). N’hésitons pas à puiser à ce beau sacrement de la tendresse de Dieu. Oui, « la paix soit avec vous ! ».

(*) Rappel : les trois conditions requises pour qu’un péché soit « mortel » sont 1) la matière grave (par exemple, une violation sérieuse d’un des commandements de Dieu), la pleine connaissance (la personne sait que c’est un péché et comprend pourquoi) et plein consentement (la personne a commis le péché sans aucune contrainte, sans contraintes extérieures (par exemple “quelqu’un m’a incité à le faire!”) ou contraintes intérieure/ mentales/ psychologiques - par exemple, intoxication (sous l’influence de l’alcool, de drogues), inquiétude, crainte, effort grave, maladie, fatigue extrême, etc… Ces types d’influences peuvent affecter le consentement d’une personne, selon la nature du péché et la situation spécifique.

Toutes les fois que nous parlons d’un péché en tant que “péché mortel”, nous devons nous rappeler que ces trois conditions sont toujours nécessaires pour qu’un péché soit effectivement mortel, c’est-à-dire pour qu’il nous coupe de la communion avec Dieu (il nous prive de notre “état de grâce”). Puisqu’il n’est pas facile de juger subjectivement de la “mortalité” d’un péché donné, il est toujours important d’admettre humblement les péchés qui ont une matière grave.


Une réponse à “Comment vivre le sacrement du pardon”

  1. Adventus.org (français) » Blog Archive » Lettre au Journal a laissé cette réponse le mars 17th, 2008 at 11:16:

    […] Dans un autre de mes articles, je précise la différence entre un péché “véniel” et … : “Rappel : les trois conditions requises pour qu’un péché soit « mortel » sont 1) la matière grave (par exemple, une violation sérieuse d’un des commandements de Dieu), la pleine connaissance (la personne sait que c’est un péché et comprend pourquoi) et plein consentement (la personne a commis le péché sans aucune contrainte, sans contraintes extérieures (par exemple “quelqu’un m’a incité à le faire!”) ou contraintes intérieure/ mentales/ psychologiques - par exemple, intoxication (sous l’influence de l’alcool, de drogues), inquiétude, crainte, effort grave, maladie, fatigue extrême, etc… Ces types d’influences peuvent affecter le consentement d’une personne, selon la nature du péché et la situation spécifique. […]


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