Catéchèse : les indulgences
Dans le Catéchisme de l’Église catholique de 1992 (§ 1471–1479), l’Église réaffirme son droit à octroyer les indulgences, « en vertu du pouvoir de lier et de délier qui lui a été accordé par le Christ Jésus » (§ 1478). Elle précise que l’indulgence libère seulement de la « peine temporelle » du péché et non de la « peine éternelle » — c’est-à-dire de la privation de la « vie éternelle », de la communion avec Dieu. De nouveau, elle rappelle que l’indulgence est accordée au pécheur non pas en vertu de ses pénitences seules, mais de la communion des saints.
Le Code de droit canonique (canon 992) définit l’indulgence comme : « la rémission devant Dieu de la peine temporelle due pour les péchés dont la faute est déjà effacée, rémission que le fidèle bien disposé obtient à certaines conditions déterminées, par l’action de l’Église, laquelle, en tant que dispensatrice de la rédemption, distribue et applique par son autorité le trésor des satisfactions du Christ et des saints.
La doctrine des indulgences a été rappelée par le concile Vatican II puis la constitution apostolique Indulgentiarum doctrina de Paul VI, reprise dans le Code de droit canonique de 1983.
Il y a plusieurs choses à dire au sujet des indulgences!
D’abord, il y a beaucoup de fausses conceptions à démystifier! Voici quelques uns de ces mythes (je traduis ici une partie d’un article de Catholic Answers):
[début de la traduction]
Mythe 1 : Une personne peut « acheter » son salut éternel à l’aide d’indulgences
Cette idée n’a aucun fondement. Puisque les indulgences libèrent seulement des peines temporelles, elle ne peuvent sauver de la peine éternelle de l’enfer. La seule façon d’éviter l’enfer est de faire appel à la miséricorde de Dieu pendant la vie terrestre. Après la mort, on ne peut changer sa destinée éternelle (voir Hébreux 9,27).
Mythe 2 : Une personne peut acheter des indulgences pour des péchés qui n’ont pas été encore commis.
L’Église a toujours enseigné que les indulgences ne peuvent s’appliquer à des péchés qui n’ont pas encore été commis. Une indulgence n’est pas une permission pour commettre le péché ni un pardon pour les péchés futurs ; aucun pouvoir ne peut accorder cela.
Mythe 3 : Une personne peut « acheter le pardon » avec des indulgences.
La définition des indulgences présuppose que le pardon a déjà été obtenu : « l’indulgence est la rémission devant Dieu de la peine temporelle due pour les péchés dont la faute est déjà effacée ». Les indulgences ne peuvent aucunement pardonner les péchés. Ils ne concernent que les peines temporelles dues aux péchés après que ceux-ci aient été pardonnés.
Mythe 4 : Les indulgences ont été inventées par l’Église comme moyen pour faire de l’argent.
La doctrine des indulgences s’est développée suite à une réflexion théologique sur le sacrement de la réconciliation. Les indulgences existaient comme moyen de diminuer une peine de discipline sacramentelle plusieurs siècles avant que les problèmes d’indulgences liés à l’argent ne se produisent.
Mythe 5 : Une indulgence peut raccourcir le temps de purgatoire par un certain nombre de jours.
Le nombre de jours lié autrefois aux indulgences se référait à la durée d’une peine (pénitence) que quelqu’un aurait pu avoir ici sur terre. L’Église ne prétend pas savoir quoi que se soit sur la durée du purgatoire en général et encore moins sur la durée de purgatoire d’une personne en particulier.
Mythe 6 : Une personne peut acheter des indulgences.
Le Concile de Trente a institué des réformes sévères sur la façon d’accorder des indulgences et— à causes des abus antérieurs [qui ont provoqué le scandale]— le pape Pie V a cancellé et interdit en 1567 toute forme d’octroi d’indulgences qui impliquerait une quelconque transaction monétaire.
Mythe 7 : Une personne pouvait autrefois acheter des indulgences.
Personne ne pouvait “acheter” des indulgences. Le scandale financier qui a entouré les indulgences, le scandale qui a donné l’excuse à Martin Luther de défendre publiquement son hétérodoxie, impliquait la pratique de l’aumône— c’est-à-dire des indulgences accordées au seul fait de donner l’aumône pour un fond de charité ou une fondation religieuse. Il n’y a jamais eu de vente d’indulgences pour elles-mêmes. Il est facile de voir comment les abus ont pu naître. L’acte d’offrande d’une aumône n’est pas en soi mal ou méprisable. Donner de l’argent pour une œuvre d’Église ou aux pauvres est une action digne de louange si elle est fait pour un juste motif.
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Question : Je ne comprends toujours pas ce que sont les indulgences. Quelles sont ces peines temporelles dues aux péchés dont il est question ?
Réponse : Le concept théologique des “peines temporelles due aux péchés” découle de la notion de justice divine. Le baptême (et le sacrement du pardon) concerne le pardon (individuel) des péchés par lequel le chrétien (re)trouve la grâce sanctifiante, c’est-à-dire la vie divine ou la présence vivifiante de l’Esprit. Mais tout péché contre Dieu, contre l’être humain ou contre la création entraîne un désordre (physique, moral ou spirituel) qui nécessite en toute justice– en cette vie ou dans l’autre– une forme de réparation. C’est que l’Église appelle la “peine temporelle due au péché”. Cette peine temporelle est remise par les actes de réparation, les bonnes oeuvres (ou exercices de charité), l’aumône, la prière, les sacrifices et le jeûne.
Depuis l’antiquité, L’Église a toujours été profondément convaincue que le pardon, accordé gratuitement par Dieu, implique comme conséquence un réel changement de vie, une élimination progressive du mal intérieur, un renouvellement de sa propre existence. L’acte sacramentel devait être uni à un acte existentiel, avec une réelle purification de la faute, qui justement s’appelle pénitence. Le pardon ne signifie pas que ce processus existentiel devient superflu, mais plutôt qu’il reçoit un sens, qu’il est accepté, accueilli. Car le fait d’avoir été réconcilié avec Dieu n’exclut pas qu’il reste certaines conséquences du péché dont il est nécessaire de se purifier. C’est précisément dans ce cadre que prend toute sa valeur l’indulgence, par laquelle est exprimé le “don total de la miséricorde de Dieu”. (Jean-Paul II, Le Mystère de l’Incarnation, 1998, n.9).
Ceux qui meurent dans la grâce de Dieu mais imparfaitement “purifiés” passent après leur mort une étape de purification spirituelle que l’Église appelle “purgatoire” (voir autre article Adventus) afin d’obtenir “la sainteté nécessaire pour entrer dans la joie du ciel” (Catéchisme de l’Église catholique n.1030).
Question : Mais en toute justice, justement, comment pouvons-nous être “sauvés” par une indulgence de ces peines temporelles?
Réponse : L’indulgence est accordée au pécheur non pas en vertu de ses pénitences seules, mais de la communion des saints.
La Révélation enseigne que, dans son chemin de conversion, le chrétien ne se trouve pas seul. Dans le Christ et par le Christ, sa vie est unie par un lien mystérieux à la vie de tous les autres chrétiens dans l’unité surnaturelle du Corps mystique. Ainsi s’instaure entre les fidèles un merveilleux échange de biens spirituels, en vertu duquel la sainteté de l’un apporte aux autres un bénéfice bien supérieur au dommage que le péché de l’un a pu causer aux autres. Il y a des personnes qui laissent derrière elles comme un surplus d’amour, de souffrance supportée, de pureté et de vérité, qui se déverse sur les autres et les soutient. C’est la réalité de la « vicariance », sur laquelle est fondé tout le mystère du Christ. Son amour surabondant nous sauve tous. Néanmoins, cela fait partie de la grandeur de l’amour du Christ de ne pas nous laisser dans la condition de destinataires passifs, mais de nous impliquer dans son action salvifique, et en particulier dans sa passion. C’est ce que dit le passage bien connu de la lettre aux Colossiens: « Je complète ce qui manque aux souffrances du Christ en ma chair pour son Corps, qui est l’Église » (1, 24).Cette profonde réalité est admirablement exprimée aussi dans un passage de l’Apocalypse, où l’Église est décrite comme l’épouse vêtue d’une simple robe de lin blanc, d’une étoffe pure et resplendissante. Et saint Jean dit: « Le lin, ce sont les bonnes actions des saints » (Ap 19, 8). Dans la vie des saints est en effet tissée l’étoffe splendide qui est le vêtement de l’éternité. (Jean-Paul II, Le mystère de l’Incarnation, 1998, n. 10).
Autrement dit, dans sa grande miséricorde et par pure gratuité, grâce aux mérites de Jésus Christ, des martyrs et de tous les saints (y compris les personnes qui ont souffert des souffrances indues) Dieu peut en toute gratuité remettre à un de ses enfants les peines temporelles qui lui sont dues.
Plusieurs passages bibliques viennent appuyer la doctrine des indulgences dont :
“Quand vint le tour des premiers, ils pensaient recevoir davantage, mais ils reçurent, eux aussi, chacun une pièce d’argent. En la recevant, ils étaient révoltés contre le maître du domaine : ” Ces derniers venus n’ont fait qu’une heure, et tu les traites comme nous, qui avons enduré le poids du jour et de la chaleur. ” Mais le maître répondit à l’un d’entre eux : ” Mon ami, je ne te fais aucun tort. n’as-tu pas été d’accord avec moi pour une pièce d’argent ? Prends ce qui te revient et va-t-en. Je veux donner à ce dernier autant qu’à toi : n’ai-je pas le droit de faire ce que je veux de mon bien ? Est-ce que ton regard est mauvais parce que je suis bon ? “ (Matthieu 20, 1-16).
La récompense divine n’est pas à la mesure des mérites personnels, mais à celle de sa bonté infinie.
L’un des malfaiteurs suspendus à la croix l’injuriait : « N’es-tu pas le Christ ? Sauve-toi toi-même, et nous aussi. » Mais l’autre, le reprenant, déclara : « Tu n’as même pas crainte de Dieu, alors que tu subis la même peine ! Pour nous, c’est justice, nous payons nos actes : mais lui n’a rien fait de mal » Et il disait : « Jésus, souviens-toi de moi lorsque tu viendras avec ton Royaume. » Et il lui dit : « En vérité, je te le dis, aujourd’hui tu seras avec moi dans le Paradis. »
Question : comment obtient-on une indulgence?
Réponse “Wikipedia” : Si la pratique est moins courante que par le passé, elle subsiste clairement : ainsi, le Catéchisme recommande toujours, avec l’aumône et les œuvres de pénitence, l’usage des indulgences en faveur des défunts (§ 1032). La principale indulgence est accordée à l’occasion d’un jubilé, dont elle est l’« un des éléments constitutifs » selon Jean-Paul II (bulle d’indiction Incarnationis mysterium, § 9.1). C’est à l’occasion du jubilé de l’an 2000 que la Pénitencerie apostolique a jugé bon de rappeler les conditions d’acquisition de l’indulgence. [Des indulgences sont également accordés pour certaines prières, certaines bénédictions ou certains pèlerinages : on peut consulter l’Enchiridion (manuel) des indulgences publié par la Pénitencerie Apostolique] Dans tous les cas — indulgence plénière ou partielle —, le fidèle doit être en « état de grâce ».
Pour l’indulgence plénière, dont l’obtention est limitée à une fois par jour, il doit :
* avoir le désir de gagner l’indulgence,
* se détacher complètement du péché, même véniel. [Une indulgence n’est pas magique! Il faut vivre une conversion profonde du coeur!]
* se confesser dans les huit jours (avant ou après l’indulgence),
* communier le jour même,
* prier selon les intentions indiquées par le pape, ou prier aux intentions du pape,
* accomplir l’action à laquelle est attachée l’indulgence dans le temps prescrit (si l’indulgence est attachée à un jour ou une période particuliers).
Si ces actions ne sont que partiellement remplies, ou que le fidèle n’a pas les dispositions du cœur requises, l’indulgence n’est que partielle.
Il est également rappelé que l’indulgence ne peut être appliquée qu’à soi-même ou aux « âmes du Purgatoire » (par mode de suffrage), et non à d’autres personnes vivantes. »
SOURCES :
Myths about Indulgences, Catholic Answers.
« Incarnationis mysterium », Bulle d’indiction du grand jubilé de l’an 2000 (Jean-Paul II).
