Amour et vérité se rencontrent
Lorsqu’on aborde ― comme croyants catholiques ― la question épineuse de l’homosexualité, il semble difficile de maintenir l’équilibre entre les exigences de l’amour (de l’agape) et celles de la vérité. D’une part, au nom de l’Évangile, au nom de nos convictions les plus profondes, nous voulons être envers les personnes à tendances homosexuelles [àth] de véritables témoins de l’amour du Christ; de sa compassion, de sa miséricorde, de sa bonté, de son écoute, de son accueil de tout ceux et celles qui se reconnaissent pauvres et pécheurs. Nous voulons être attentifs à l’avertissement du Seigneur «de ne pas juger afin de ne pas être jugés». Mais d’une autre part, nous sommes également confrontés, ou du moins sérieusement interpellés, par l’enseignement lapidaire et sans équivoque des Saintes Écritures et du Magistère à ce sujet. Comme tout enseignement en matière de foi ou de morale, l’enseignement de l’Église catholique sur l’homosexualité prend racine dans la révélation biblique et dans la Tradition apostolique, ainsi que le respect de ce qu’elle appelle la «loi naturelle». Regardons de plus près ces trois “piliers” sur lesquels s’appuie l’Église pour définir sa position par rapport au problème éthique que pose le phénomène de l’homosexualité chez l’être humain. Par la suite, nous examinerons l’approche pastorale encouragée par l’Église et ses pasteurs ― les évêques ― auprès des personnes homosexuelles.
La révélation biblique
Les actes homosexuels sont clairement condamnés dans l’Ancien Testament. Certaines personnes croient qu’avec la venue de Jésus, ces anciennes lois et interdictions ont été abrogées ou qu’elles sont devenues culturellement discutables. Mais une lecture de certains passages-clés du Nouveau Testament nous indique bien le contraire.
« Du cœur des hommes proviennent intentions mauvaises, meurtres, adultères, perversités, débauche, envie, injures, vanité, déraison » (Mc 7, 21-22).
Dans son discours sur la montagne (Matthieu 5), Jésus reprend à plusieurs reprises des préceptes de la loi de Moïse et plutôt que des les adoucir ou de les contredire de par son autorité divine, il les renforce et les précise dans ce qu’ils ont de plus exigeants, dans l’ordre de la charité et de la vérité.
5.17 Ne croyez pas que je sois venu pour abolir la loi ou les prophètes; je suis venu non pour abolir, mais pour accomplir.
5.18 Car, je vous le dis en vérité, tant que le ciel et la terre ne passeront point, il ne disparaîtra pas de la loi un seul iota ou un seul trait de lettre, jusqu’à ce que tout soit arrivé.
5.19 Celui donc qui supprimera l’un de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire de même, sera appelé le plus petit dans le royaume des cieux; mais celui qui les observera, et qui enseignera à les observer, celui-là sera appelé grand dans le royaume des cieux.
5.20 Car, je vous le dis, si votre justice ne surpasse celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez point dans le royaume des cieux.
5.21 Vous avez entendu qu’il a été dit aux anciens: Tu ne tueras point; celui qui tuera mérite d’être puni par les juges.
5.22 Mais moi, je vous dis que quiconque se met en colère contre son frère mérite d’être puni par les juges; que celui qui dira à son frère: Raca! mérite d’être puni par le sanhédrin; et que celui qui lui dira: Insensé! mérite d’être puni par le feu de la géhenne.
5.23 Si donc tu présentes ton offrande à l’autel, et que là tu te souviennes que ton frère a quelque chose contre toi,
5.24 laisse là ton offrande devant l’autel, et va d’abord te réconcilier avec ton frère; puis, viens présenter ton offrande.
5.25 Accorde-toi promptement avec ton adversaire, pendant que tu es en chemin avec lui, de peur qu’il ne te livre au juge, que le juge ne te livre à l’officier de justice, et que tu ne sois mis en prison.
5.26 Je te le dis en vérité, tu ne sortiras pas de là que tu n’aies payé le dernier quadrant.
5.27 Vous avez appris qu’il a été dit: Tu ne commettras point d’adultère.
5.28 Mais moi, je vous dis que quiconque regarde une femme pour la convoiter a déjà commis un adultère avec elle dans son coeur.
5.29 Si ton oeil droit est pour toi une occasion de chute, arrache-le et jette-le loin de toi; car il est avantageux pour toi qu’un seul de tes membres périsse, et que ton corps entier ne soit pas jeté dans la géhenne.
5.30 Et si ta main droite est pour toi une occasion de chute, coupe-la et jette-la loin de toi; car il est avantageux pour toi qu’un seul de tes membres périsse, et que ton corps entier n’aille pas dans la géhenne.
5.31 Il a été dit: Que celui qui répudie sa femme lui donne une lettre de divorce.
5.32 Mais moi, je vous dis que celui qui répudie sa femme, sauf pour cause d’infidélité, l’expose à devenir adultère, et que celui qui épouse une femme répudiée commet un adultère.
5.33 Vous avez encore appris qu’il a été dit aux anciens: Tu ne te parjureras point, mais tu t’acquitteras envers le Seigneur de ce que tu as déclaré par serment.
5.34 Mais moi, je vous dis de ne jurer aucunement, ni par le ciel, parce que c’est le trône de Dieu;
5.35 ni par la terre, parce que c’est son marchepied; ni par Jérusalem, parce que c’est la ville du grand roi.
5.36 Ne jure pas non plus par ta tête, car tu ne peux rendre blanc ou noir un seul cheveu.
5.37 Que votre parole soit oui, oui, non, non; ce qu’on y ajoute vient du malin.
5.38 Vous avez appris qu’il a été dit: oeil pour oeil, et dent pour dent.
5.39 Mais moi, je vous dis de ne pas résister au méchant. Si quelqu’un te frappe sur la joue droite, présente-lui aussi l’autre.
Par ces paroles du Christ et tant d’autres, nous voyons bien que Jésus n’a jamais voulu abolir les interdictions anciennes mais les parachever avec les exigences de l’amour. Son “bon accueil” des pécheurs n’a jamais été un endossement de leurs faits et gestes en matière de péché mais un accueil de leur personne, de leur dignité, en tant que fils et filles de Dieu. «Ne jugez pas afin de ne pas être jugés» signifie donc pour lui de ne pas juger le secret du cœur (ou l’histoire complexe) de chaque personne ― à savoir ce qui a amené une personne à poser tel ou tel geste. Mais non pas de ne pas juger l’acte en question. Il s’agit d’un principe fondamentale en théologie morale : faire la différence entre la personne elle-même et son comportement.
(Jésus à la femme adultère : ‘Je ne te condamne pas : va et ne pèche plus’ (Jn 8, 11) ;
Bien entendu, on peut dire que Jésus n’a pas mentionné explicitement la problématique homosexuelle, mais ce n’était pas quelque chose de remis en question par les juifs auxquels il s’adressait. Cependant, lorsqu’il fut confronté sur la question du mariage (et du divorce), Jésus a immédiatement renvoyé ses interlocuteurs à la révélation biblique:
19.3 Les pharisiens l’abordèrent, et dirent, pour l’éprouver: Est-il permis à un homme de répudier sa femme pour un motif quelconque?
19.4 Il répondit: N’avez-vous pas lu que le créateur, au commencement, fit l’homme et la femme
19.5 et qu’il dit: C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, et s’attachera à sa femme, et les deux deviendront une seule chair?
19.6 Ainsi ils ne sont plus deux, mais ils sont une seule chair. Que l’homme donc ne sépare pas ce que Dieu a joint.
19.7 Pourquoi donc, lui dirent-ils, Moïse a-t-il prescrit de donner à la femme une lettre de divorce et de la répudier?
19.8 Il leur répondit: C’est à cause de la dureté de votre cœur que Moïse vous a permis de répudier vos femmes; au commencement, il n’en était pas ainsi.
19.9 Mais je vous dis que celui qui répudie sa femme, sauf pour infidélité, et qui en épouse une autre, commet un adultère.
Encore une fois, nous voyons Jésus non pas amoindrir une loi hébraïque existante mais au contraire la radicaliser selon les exigences de l’amour vrai. Nous n’avons aucune raison de croire qu’il n’en aurait pas été de même pour la question des actes homosexuels… « Du cœur des hommes proviennent intentions mauvaises, meurtres, adultères, perversités, débauche, envie, injures, vanité, déraison » (Mc 7, 21-22).
Saint Paul, l’Apôtre du Christ auprès des nations païennes, a jugé nécessaire pour sa part de préciser explicitement l’enseignement chrétien au sujet des actes homosexuels puisque la question se posait inévitablement dans ces sociétés (Rome et Grèce antiques). [D’ici quelques années, peut être un chrétien sera-t-il passible de prison dans certains pays «modernes» pour citer publiquement l’extrait suivant de la lettre de saint Paul aux Romains]:
« La colère de Dieu [hébraïsme signifiant l’incompatibilité de Dieu avec le péché] se révèle contre toute impiété et toute injustice qui retiennent la vérité captive de l’injustice… Connaissant Dieu, ils se sont fourvoyés dans leurs vains raisonnements et leur cœur insensé est devenu la proie des ténèbres… C’est pourquoi Dieu les a livrés, par les convoitises de leurs cœurs, à l’impureté où ils avilissent eux-mêmes leurs propres corps. Ils ont échangé la vérité de Dieu contre le mensonge, adoré et servi la créature au lieu du Créateur qui est béni éternellement. C’est pourquoi Dieu les a livrés à des passions avilissantes : leurs femmes ont échangé les rapports naturels pour des rapports contre nature; les hommes de même, abandonnant les rapports naturels avec la femme, se sont enflammés de désir les uns pour les autres, commettant l’infamie d’homme à homme et recevant en leur personne le juste salaire de leur égarement. Dieu les a livrés à leur intelligence sans jugement; ainsi font-ils ce qu’ils ne devraient pas…. (Rm 1, 18.24-31).
Et saint Paul ajoute :
« Bien qu’ils connaissent le verdict de Dieu déclarant ‘digne de mort’ ceux qui commettent de tells actions, ils ne se bornent pas à les accomplir, mais ils approuvent encore ceux qui les commettent » (Rm 1, 32).
L’enseignement biblique ― et même néotestamentaire ― au sujet des actes homosexuels est donc sans équivoque.
La Tradition et la « loi naturelle »
«S’appuyant sur la Sainte Écriture, qui les présente comme des dépravations graves [Gn 19,1-29; Rm 1,24-27; 1 Co 6,10 ; 1 Tm 1,10] la Tradition a toujours déclaré que ‘les actes d’homosexualité sont intrinsèquement désordonnés’. » (Catéchisme de l’Église Catholique #2357)
Voilà l’affirmation doctrinale qui fait habituellement sursauter bien des gens, y compris ceux qui désirent être fidèles à l’enseignement de l’Église. Les mots qui composent cette phrase semblent intransigeants voire même un peu cruels envers les personnes qui sont marquées par l’attrait homosexuel. “Dépravés!?” “Désordonnés!?” Soulignons cependant que ce sont les ‘actes d’homosexualité’ qui sont présentés comme des ‘dépravations graves’, et non les personnes eux-mêmes! « Intrinsèquement désordonné » c’est-à-dire que l’objet lui-même (l’acte homosexuel) est désordonné (i.e., ne suit pas l’ordre naturel).
Ce qui était autrefois d’une évidence implacable doit désormais être explicité.
DixitGérard Lévesque, chercheur en éthique philosophique et ancien professeur de philosophie, « la défense des relations homosexuelles […] relève de principes liés aux différences fondamentales qu’il y a naturellement entre relations homosexuelles et unions hétérosexuelles. Ces différences sont d’ordre multiple : psychologique, affectif, social, anatomique. Elles sont même radicales » Le Devoir, lundi 12 décembre 2005). Lorsque l’Église affirme que l’acte homosexuel est intrinsèquement désordonné, elle fait référence d’abord à la complémentarité anatomique, i.e., “naturelle”, qui ― dans la foi et la fidélité à la Parole de Dieu ― est également vu comme un reflet même de la volonté divine.
Jésus : « N’avez-vous pas lu que le créateur, au commencement, fit l’homme et la femme
19.5 et qu’il dit: C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, et s’attachera à sa femme, et les deux deviendront une seule chair?
19.6 Ainsi ils ne sont plus deux, mais ils sont une seule chair. Que l’homme donc ne sépare pas ce que Dieu a joint. » (Évangile selon saint Matthieu. Cf Genèse 3).
Cette complémentarité n’est pas banale! «La différence et la complémentarité physiques, morales et spirituelles sont orientées vers les biens du mariage et l’épanouissement de la vie familiale. L’harmonie du couple et de la société dépend en partie de la manière dont sont vécus entre les sexes la complémentarité, le besoin et l’appui mutuels. […] De cette union procèdent toutes les générations humaines » (Catéchisme # 2333).
Comme le note à juste propos M. Gérard Lévesque, « en l’absence de relations hétérosexuelles sur une période d’à peine cent ans, c’est l’humanité tout entière qui disparaît! » (Le Devoir, ibid.)
Certains individus voudraient réduire le phénomène homosexuel à une manifestation culturelle et sociale «acceptable» selon les époques. « Le monde change » dit-on, «l’Église aussi devrait changer». À cette affirmation, l’Église ne peut que répondre que dans une perspective de foi, d’où elle se situe en vérité:
« Il est vrai que la littérature biblique doit aux diverses époques où elle fut écrite une bonne partie de ses modes de pensée et d’expression (cf. Concile Vatican II, Dei Verbum, n. 12). Il est sûr que l’Eglise d’aujourd’hui proclame l’Evangile à un monde très différent du monde antique. D’autre part, le monde dans lequel le Nouveau Testament fut rédigé était déjà notablement changé, par exemple en ce qui concerne la situation dans laquelle furent écrites ou composées les Ecritures Saintes du peuple hébreu.
Toutefois ce qu’il faut remarquer, c’est que, en présence de cette diversité notable, il n’y a pas moins, au sein des Ecritures elles-mêmes, une évidente harmonie sur le comportement homosexuel. C’est pourquoi la doctrine de l’Eglise sur ce point ne s’appuie pas seulement sur des phrases isolées dont on peut tirer des arguments théologiques discutables, mais bien sur le fondement solide d’un témoignage constant de la Bible. La Communauté croyante d’aujourd’hui, en continuité ininterrompue avec les Communautés juives et chrétiennes au sein desquelles les anciennes Ecritures ont été rédigées, continue à se nourrir de ces mêmes Ecritures et de l’Esprit de Vérité dont elles sont la Parole. Il est tout autant essentiel de reconnaître que les textes sacrés ne sont pas réellement compris quand on les interprète d’une manière qui contredit la Tradition vivante de l’Église. Pour être correcte, l’interprétation de l’Écriture doit être en accord effectif avec cette Tradition » (Congrégation pour la doctrine de la foi, «pastorale à l’égard des personnes homosexuelles»).
(Il devient entre autre très difficile d’admettre à la fois l’inerrance, l’inspiration divine et l’autorité des Écritures Saintes tel qu’enseigné par le Concile Vatican II dans sa constitution dogmatique ‘Dei Verbum’ (DV #11) tout en défendant la légitimité morale des actes homosexuels. Puisque les livres de la Bible ont été― selon la foi catholique― «composés sous l’inspiration du Saint-Esprit » et qu’ils enseignent «nettement, fidèlement et sans erreur, la vérité telle que Dieu, en vue de notre salut, a voulu qu’elle fût consignée» (toujours Dei Verbum), il me semble qu’admettre la légitimité morale de ces actes serait accuser Dieu lui-même d’une grande injustice puisqu’Il aurait conduit Paul et Matthieu à transmettre par écrit des textes devenus la base d’un enseignement multiséculaire “injuste” de la part de son Église!)
Approche pastorale
« Il faut fermement déplorer que les personnes homosexuelles aient été et soient encore l’objet d’expressions malveillantes et de gestes violents. Pareilles réactions, où qu’elles apparaissent, méritent la condamnation des pasteurs de l’Eglise. Elles manifestent un manque de respect pour les autres qui lèse les principes élémentaires sur lesquels se fonde une juste convivialité civile. La dignité propre de toute personne doit toujours être respectée dans les paroles, dans les actions et dans les législations.[…] On prétend que dans certains cas la tendance homosexuelle n’est pas le résultat d’une option délibérée et que la personne homosexuelle n’a pas le choix, qu’elle est contrainte à ce comportement homosexuel. En conséquence, affirme-t-on, n’étant pas vraiment libre, son action en ce cas ne comporterait pas de faute.
A ce propos, il est nécessaire de se reporter a la sagesse traditionnelle de la morale de l’Eglise, qui met en garde contre toute généralisation dans le jugement des cas particuliers. De fait, dans tel ou tel cas il peut y avoir eu dans le passé et il peut encore subsister des circonstances telles qu’elles réduisent ou même enlèvent la culpabilité de quelqu’un ; d’autres circonstances au contraire peuvent l’augmenter. De toute façon, on doit éviter la supposition, injustifiée et dégradante, que le comportement homosexuel des personnes homosexuelles est toujours et absolument compulsif, et dès lors irresponsable. En réalité, il faut aussi reconnaître à ceux qui ont une tendance homosexuelle la liberté fondamentale qui caractérise la personne humaine et lui confère sa dignité particulière. En raison de cette liberté, comme en tout renoncement au mal, l’effort humain, éclairé et soutenu par la grâce de Dieu, pourra leur permettre d’éviter l’activité homosexuelle.
[…] Les personnes homosexuelles sont appelées, comme tout chrétien, à vivre la chasteté. Si elles s’attachent assidûment à comprendre la nature de l’appel personnel de Dieu à leur égard, elles seront en état de célébrer plus fidèlement le sacrement de pénitence et de recevoir la grâce du Seigneur qui y est généreusement offerte, pour pouvoir, en le suivant, se convertir plus pleinement.»
«Un nombre non négligeable d’hommes et de femmes présentent des tendances homosexuelles foncières. Ils ne choisissent pas leur condition homosexuelle ; elle constitue pour la plupart d’entre eux une épreuve. Ils doivent être accueillis avec respect, compassion et délicatesse. On évitera à leur égard toute marque de discrimination injuste. Ces personnes sont appelées à réaliser la volonté de Dieu dans leur vie, et si elles sont chrétiennes, à unir au sacrifice de la Croix du Seigneur les difficultés qu’elles peuvent rencontrer du fait de leur condition.»
Plusieurs personnes croient qu’il est impossible pour un homosexuel d’accepter la position de l’Église catholique - et encore moins d’essayer de la mettre en pratique! Des mouvements comme Courage, les prêtres et religieux àth qui vivent fidèlement leur engagement au célibat et à la chasteté montrent qu’il est au contraire possible pour des croyants ÀTH de vivre le “bon combat” dans la vérité, le soutien fraternel et avec l’aide de la grâce sacramentelle. [Je reparlerai dans un prochain message-blog du récent document romain sur la question de l’admissibilité au sacerdoce des personnes homosexuelles, document que je considère sage et raisonnable lorsqu’il est bien compris].
Notre vision du phénomène homosexuel peut dépendre en grande partie de notre vision anthropologique du monde. L’anthropologie catholique affirme que nous vivons dans un monde “bon” mais blessé depuis la chute des premiers êtres humains dans le péché. La nature elle-même se trouve fragilisée, comme l’enseigne saint Paul: « La création toute entière passe par les douleurs d’un enfantement. Comme nous, elle aspire à connaître la liberté et la gloire des enfants de Dieu. » (Rm 8, 19-20). Maladies, dépendances, blessures (physiques, psychologiques ou affectives), corruption, désastres naturels… Comme la parabole du bon grain et de l’ivraie, toutes ces choses devront «cohabiter» jusqu’au jour glorieux où le Seigneur instaurera « des cieux nouveaux et une terre nouvelle » (Ap 21,1).
Pour terminer ce long message-blog, je vous invite (ceux et celles qui comprennent l’anglais) à réfléchir sur ces paroles de Marc, un jeune homme àth qui a longtemps milité “pour les droits des homosexuels” mais qui en est venu à accepter et à accuellir la position de l’église catholique dans sa propre vie.
I should take a moment [now] to explain my present circumstances, as well as my beliefs on sexuality and Catholicism. In regards to homosexuality in general, I believe that there’s a tremendous amount of wisdom in the traditional views on the subject, as recorded in scripture and expressed through religious art, which much of our modern, materialistic society refuses to heed. For example, the passage in Dante’s “The Divine Comedy” which shows dead homosexual sodomites endlessly walking the upper levels of Hell, dancing in agony among the flakes of fire which ravage their bodies, seems to me a spookily accurate representation of the ceaseless, plague-ridden wanderings of the sexually compulsive gay man. With this in mind, and with the scourge of AIDS still very much with us, real love compels me to suggest that the unmitigated expression of homosexuality leads inevitably to Hell on Earth. And yet I must add that my experiences with gays and as a gay man have left me with no patience for the Old Testament homophobia that one encounters, unfortunately, among some members of the Christian community. I’m not the first to notice that homosexuality is treated differently from all other sins by both Christians and non-Christians alike. Neither masturbators nor adulterers, for example, are demonized from the playground to the pulpit as are homosexuals. As a Catholic and a pro-lifer, I feel compelled to point out that the dehumanization of any group constitutes a grievous sin. Furthermore, I speak from experience when I say that there is some connection, not yet fully understood, between an individual’s alienation and the development of a homosexual orientation. Thus, to the degree that anti-gay sentiments further ostracize gay men and women from mainstream religion and society, homophobia itself may have a hand in the creation of gay identity. How, then, to integrate the wisdom of tradition with our need to protect the dignity of our gay brothers, sisters and neighbors from the pain of prejudice? The Catholic Church’s stance on the issue, which reaffirms the dignity of the gay person while framing its opposition to the act of gay sex in the context of natural law and an appeal to a higher love, seems to me by far the most enlightened position on the matter, as it preserves the beauty and consistency of the Christian ethic while encouraging compassion among its followers towards the gay community.
Je sais que c’est un sujet très délicat que j’ai abordé. Sans doute, je ne réalise pas toutes les difficultés et je ne saisis pas pleinement les nombreux sentiments qui peuvent habiter le coeur des personnes qui vivent cette épreuve. Je ne cherche surtout pas les controverses et les querelles inutiles (cf. 2 Tim 23-24) mais plutôt à « demeurer ferme dans ce que [j’ai] appris et accepté comme certain » car « je sais de qui je l’ai appris!» (2 Tim 14-17). Si la vérité rend libre (Jn 8,32), cela doit être vrai pour toute vérité, même celles qui sont moins populaires.
Vous pouvez lancer vos fleurs et vos roches en laissant vos commentaires et réflexions ci-dessous… mais dans la plus grande charité envers tous!
Article-blogue d’abord publié le 7 mars 2006 sur www.benedictus74.blogspot.com/

Le fait pour l’Église de se fermer les yeux sur la vérité est devenu tellement routinier qu’on a oublié que les gens à qui l’on parlait avaient une intelligence: Galilée, par exemple; le monde du XXIième siècle, par exemple. Bien sûr, comment expliquer l’inexplicable: Dieu n’existe pas, c’est l’homme qui l’a inventé.