Un gouvernement libéral minoritaire
Le Parti libéral du Canada formera un gouvernement minoritaire, ont décidé lundi les électeurs du pays, qui ont donné aux libéraux un quatrième mandat consécutif depuis 1993.
Répartition des sièges:
PLC: 135 PCC: 99 BQ: 54 NPD: 19 NA: 1
(source : Cyberpresse)
Regardons les grandes lignes du programme Libéral à la lumière des principes fondamentaux de l’enseignement moral et social catholique énumérés dans le document de la CECC : «les élections 2004 – responsabilité et discernement») :
- Respect de la vie et de la dignité de la personne humaine
Hommes et femmes de foi, nous croyons que la vie vient de Dieu, que la vie humaine constitue dès l’origine un cadeau sans prix. Tout être humain, créé à l’image de Dieu, a une valeur inestimable et une dignité intrinsèque. La vie est le don le plus précieux qui nous soit donné et c’est notre devoir de l’aimer, de la respecter et de la préserver. Le caractère sacré de la personne humaine est au coeur de l’Évangile.
M. Martin s’est présenté durant la campagne électorale comme un « défenseur du droit des femmes [à l’avortement]». « Jamais je ne laisserai les droits des femmes brimés par un retour en arrière. La situation au Canada, c’est le libre-choix pour les femmes, c’est à elles de décider, c’est une question de droits fondamentaux ». M. Martin se dit tout de même partisan de la tenue de votes libres et reconnaît l’existence de divergences d’opinions à ce sujet. (Source : Radio-Canada)
- Soutien au mariage et à la famille
Le mariage est une relation d’amour, source de vie entre un homme et une femme. Les buts fondamentaux du mariage sont le bien du couple, la procréation et l’éducation des enfants. Ces objectifs contribuent, à leur tour, au bien de la société. C’est pourquoi la société a toujours réaffirmé les objectifs fondamentaux du mariage. Ces vérités élémentaires relèvent de la raison et de l’expérience humaine. En effet, le mariage est une institution naturelle, antérieure à tous les systèmes sociaux, juridiques et religieux; son existence remonte au-delà des limites de la mémoire humaine. […] Le mariage doit être soutenu et protégé par la société.
Le gouvernement Libéral veut demander à la Cour Suprême de se prononcer sur la constitutionnalité de la définition actuelle du mariage, c’est-à-dire «union d’un homme et d’une femme». De plus, lors de la campagne électorale, M. Martin a promis de ne jamais utiliser la clause dérogatoire pour empêcher « le droit égal au mariage ». Il a affirmé que les institutions religieuses ne seraient pas « obligées » de célébrer des mariages qui vont à l’encontre de leurs croyances et convictions. (Ou comme le rapportait de façon si nuancée ce journaliste du Globe and Mail, « elles ne sont pas dans l’obligation de célébrer des mariages libres de toute teinte de discrimination ». (!)
- L’option préférentielle pour les pauvres
Le pape Jean-Paul II a dit qu’on juge l’étoffe morale d’une société à la façon dont elle traite ses membres les plus vulnérables. Nous sommes appelés à répondre aux besoins des plus démunis et à agir contre l’injustice. Nous sommes appelés, en particulier, à donner la préférence dans notre vie à ceux et celles qui sont les plus menacés, appauvris et opprimés.
Les libéraux affirment qu’ils veulent investir dans des programmes sociaux qui permettent
le soutien aux plus démunis, aux aînés et aux familles. M. Martin promet d’injecter 3 milliards de dollars supplémentaires en santé et de réduire les listes d’attente. De plus, « un gouvernement libéral présentera un programme national de soins à domicile érigeant les fondations pour inclure l’ensemble des services de soins à domicile dans notre système de santé public.» Il propose également un nouveau « programme de garde d’enfants pancanadien de tout premier ordre », des prestations et des crédits d’impôt pour les familles qui ont des enfants à charge, et un supplément de revenus pour les personnes âgées.
- Le bien commun
Le bien commun, c’est «l’ensemble des conditions sociales qui permettent, tant aux groupes qu’à chacun de leurs membres, d’atteindre leur perfection d’une façon plus totale et plus aisée». Il permet de respecter la dignité humaine et de répondre aux besoins fondamentaux. L’objectif devient plus facile à atteindre quand chacun contribue à l’édification de la société sous le signe de la justice et de la compassion, ce qui favorise le développement humain de tous et de toutes.
La plateforme libérale favorise-t-elle l’engagmeent au service du bien commun ? À chacun d’en juger en tenant compte des questions soulevées par le document de la CECC et de l’ensemble du programme du parti Libéral.
Vox populi, vox Dei?
