«Pratique barbare» interdite aux États-Unis!
Les journaux ont immédiatement qualifié cette loi de “victoire des conservateurs” ou de “restriction (alarmante) du droit à l’avortement”. Règle générale, les médias donnent très peu de détails sur cette pratique. Expliquer la méthode exacte du partial birth abortion en révèlerait la terrible barbarie, inadmissible dans une société dites “civilisée”.
Agence France-Presse (AFP) offre tout de même ces quelques informations [avertissement : description graphique] : “La méthode concernée est pratiquée entre le 3e et le 6e mois de grossesse, et concerne quelques milliers de cas sur les 1,2 million d’IVG pratiquées chaque année aux Etats-Unis. Elle consiste à faire sortir les jambes et le torse du foetus, puis aspirer le contenu de la boîte crânienne pour faciliter l’extraction de la tête. Ses opposants l’appellent “avortement par naissance partielle” parce que le foetus est encore vivant au début de la procédure.”
Et comment le contenu de la boîte crânienne est-il aspiré? En enfonçant des ciseaux dans la base du crâne du foetus et en ouvrant ensuite les ciseaux pour élargir le trou qui va permettre d’aspirer le cerveau (cliquez ici pour voir des illustrations de la procédure).
Plusieurs personnes ont critiqué l’Église (à tort ou à raison) de ne pas avoir dénoncé avec suffisamment de force les horreurs que vivaient les juifs aux mains des Nazis durant la deuxième guerre mondiale. La voix de l’Église s’élève contre la pratique de l’avortement depuis le 1er siècle (lire la “didaché”) et avec une insistance prophétique dès les années 60 (encyclique Humanae Vitae de Paul VI).
En dénonçant l’avortement sous toutes ses formes (et en y associant la peine de l’excommunication, Droit Canon #1398), l’Église souhaite réveiller les consciences au fait que toute vie humaine- aussi fragile soit-elle- a sa dignité propre et qu’elle a du prix aux yeux du Seigneur (cf. Psaume 139/138 ; Isaïe 49, 1-5). Le but n’est certes pas d’ostraciser ou de condamner les femmes qui ont eu recours à cette pratique (dans bien des cas, elles le font à contrecoeur, à cause de lourdes pressions sociales ou familiales, à cause d’un manque important de soutien matériel ou à cause de l’indifférence d’un père qui n’est plus “dans le décor”… tant de facteurs qui peuvent diminuer la culpabilité personnelle) mais d’insister sur la gravité objective du geste. L’avortement est toujours la mise à mort d’un être humain innocent.
La première lecture de la messe de ce jour illustre bien je crois la tension qui existe actuellement entre le mouvement pro-vie et la “culture de la mort” (pour emprunter l’expression de Jean-Paul II): “Le commandant de la garde du Temple amena les Apôtres devant le grand conseil, et le grand prêtre les interrogea : « Nous vous avions formellement interdit d’enseigner au nom de cet homme-là, et voilà que vous remplissez Jérusalem de votre enseignement. Voulez-vous donc faire retomber sur nous le sang de cet homme ? » Pierre, avec les Apôtres, répondit alors : « Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes »” (Actes 5).
