Les saints et saintes, nos modèles…

Sainte Marguerite d'Youville

Nous sommes tous appelés à la sainteté. Tous, qui que nous soyons, riche ou pauvre, en santé ou malade, jeune ou âgé, nous sommes appelés à devenir témoins de la présence du Christ pour notre monde.

La semaine dernière, le cardinal Jean-Claude Turcotte invitait ses jeunes prêtres à découvrir les saints de notre patrie. La terre québécoise a connu bien des saints et saintes qui ont transformé le visage de notre province. Les uns ont dialogué avec les autres, ont travaillé avec les autres. Quelques décénies plus tard, nous avons la chance de découvrir le terreau et les racines de leur foi.

Aujourd’hui, l’Église nous propose de célébrer la vie de Marguerite d’Youville. Cette femme nous est proposée comme modèle de charité. Elle a côtoyé à travers sa vie et ses lectures de nombreux saints et saintes qui ont façonné sa vie.

L’abbé Stéphane Roy, un prêtre confrère de séminaire et ami, a rédigé un texte sur l’un des saints côtoyé par Sainte Marguerite. Je vous invite à lire cet article qui nous amène à réfléchir. Que puis-je faire pour sanctifier ma vie et aider les autres à se sanctifier ?

Saint Gérard Magella

À la suite de Christ… saint Gérard Majella !

Au calendrier liturgique aujourd’hui, une sainte de chez-nous, Marie-Marguerite d’Youville. Fondatrice des Sœurs de la Charité, plus connues sous le nom de «Sœurs Grises», elle demeurera toujours au cœur de notre cité comme un signe prophétique de la charité universelle. À ces côtés, une autre Marguerite, Marguerite-Marie Alacoque, moniale visitandine et messagère du Sacré-Cœur de Jésus. Par son charisme et les messages révélés, elle attirera le monde entier à Paray-le-Monial. Entre ses Marguerites, une autre dame, sainte Edwige, épouse, mère de famille, veuve et cistercienne. Très aimé dans les pays de l’Europe de l’Est elle nous est moins familière. Non inscrit au calendrier liturgique mais pourtant présent au martyrologue un homme, humble religieux, très aimé il y a quelques temps dans nos campagnes, la preuve, tous ses hommes portant son nom. Patron de l’une de nos paroisses permettez-moi de vous le présenter brièvement.

Saint Gérard est né en 1726 à Muro, une petite ville du sud de l’Italie. Perdant son père à l’âge de douze ans il devient pour sa mère et ses sœurs le support familial. C’est ainsi qu’il apprend le métier de tailleur s’engageant comme apprenti. Quatre ans plus tard apprenant que l’évêque de son diocèse est à la recherche d’un serviteur il offre ses services et sa patience qui sera durement mis à l’épreuve. À la mort de l’évêque en 1745, Gérard retourne à Muro où il ouvre une petite boutique de tailleur travaillant à son compte. Ses affaires allant en croissant il ne fait que peu d’argent. C’est que Gérard donne pratiquement tout ne gardant que le nécessaire pour les soins de sa famille. Le reste allant soit aux pauvres ou en offrande pour des messes à l’intention des défunts. Participant en 1747 à une retraite de carême il se décide à suivre le Christ de plus près intensifiant sa vie de prière et d’imitation de Jésus.

Deux ans plus tard connaissant les pères rédemptoristes qui s’installent dans la paroisse, Gérard demande à entrer dans leur communauté. Jugé dans un premier temps trop fragile de santé et influencé par les refus de sa famille, il est refusé et même enfermé dans sa chambre. N’arrêtant pas sa volonté de se donner totalement à Dieu Gérard prend les draps de son lit les nouant l’un à l’autre et cours redemander son admission suppliant qu’on lui accorde sa chance. Enfin accepté Gérard est aussitôt envoyé au couvent d’Illiceto où il passera la plus grande partie de sa vie religieuse, soit ses six dernières années.

Grand travailleur Gérard fait vite démentir l’idée que l’on se fait de lui d’être inutile. Tour à tour jardinier, sacristain, tailleur, portier, cuisinier, menuisier, commis de construction et aide aux missions il cherche toujours à faire la volonté de Dieu.

Gagnant vite la popularité des humbles et des petits auxquels il consacre tout son temps libre, Gérard se fait pour tous exemple de prière et intercesseur devant Dieu pour toutes les intentions qui lui sont confiées allant même à multiplier les guérisons et les miracles de toutes sortes.

Mais en 1754 le saint qui s’éveillait en lui devait être frappé par l’épreuve. Une jeune fille écrit à ses supérieurs et le dénonce d’impureté avec une autre jeune fille d’une famille amie où frère Gérard demeure au cours de ses voyages missionnaires. Convoqués aussitôt chez son supérieur Gérard est repris et affligé d’une pénitence sévère avec interdiction de recevoir la communion et de tout contact avec l’extérieur. Gérard accepte le jugement et ne se défend pas cherchant à imiter le Christ devant ses juges. Quelque temps plus tard, l’accusatrice tomber gravement malade et frappée de remord écrit une nouvelle lettre avouant la fausseté des accusations qu’elle avait portées contre le serviteur de Dieu. Alors blanchis de toutes fautes Gérard reprend son travail auprès des plus affamés de Dieu redoublant son ardeur à prier et à s’offrir à l’exemple de Jésus. Le 15 octobre 1755 souffrant de violentes hémorragies et de dysenteries il d’abandonne dans les mains de Dieu accueillant la mort qui l’unira à lui pour toujours.

Thaumaturge, sa vie est constellée de miracles au service des préférés de Dieu, les petits et les humbles. Il existe très peu de saints à qui ont ai attribué autant de faits merveilleux. C’est que saint Gérard «fou comme son Dieu» a une foi à transporter les montagnes. D’où sa puissance d’intercession et sa popularité. Vraie et grand mystique, Gérard parle le langage du peuple et incarne l’homme des béatitudes. Il est sans l’ombre d’un doute, un recours sûr dans la prière. Très top après sa mort nommé le saint des heureux enfantements saint Gérard Majella est très invoqué par ceux qui veulent ou qui sont en attente d’enfant.

Son testament spirituel? «Beaucoup aimé Dieu; toujours être uni à lui; toujours agir pour lui plaire; aimer toute chose pour le plaisir de Dieu. En tout faire la volonté de Dieu».

Abbé Stéphane Roy, prêtre
Vicaire à la Paroisse Saint Gérard-Magella

Merci, l’abbé Roy, de cette belle méditation qui nous interpelle à la sainteté tout en nous faisant découvrir une personne qui y est parvenue par de petits gestes au quotidien, malgré les épreuves de la vie.

Que chacun de nos gestes, paroles et prières contribuent à notre sanctification personnelle pour la gloire de Dieu et le salut du monde. Aux jours de joie comme aux jours d’épreuve, gardons notre âme tournée vers Jésus : sa vie, son message, sa mort et sa résurrection.


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